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05 février 2008
Ecopolis, vraie révolution ou simples vitrines ?

Après la Chine et Dongtan, son projet de ville nouvelle écologique sur l’île de Chongming, au nord de Shanghaï, voici Masdar City à Abou Dhabi, la première cité au monde avec zéro d'émission de gaz carbonique. Les états émergeants surfent sur la vague verte et n’hésitent pas à y mettre beaucoup d’argent. Vraie révolution ou poudre aux yeux ?
Dongtan devrait abriter entre 50 000 et 80 000 habitants dans un premier temps vers 2010, puis jusqu’à 500 000 en 2050. Tout a été prévu. Des éoliennes, des toits végétaux, des piles à combustible, des panneaux solaires, des espaces verts, des produits bio, des transports en commun. Une société anglaise, s’inspirant directement de l’éco-quartier londonien BedZed, sera le maître d’œuvre de l’ensemble.Le coût de l’opération s’élève officiellement à 1,3 milliard de dollars, mais la facture dépassera probablement la barre des 10 milliards. L’empreinte écologique de ses habitants devrait y être de 2,2 hectares par personne. A titre de comparaison un Américain utilise 9,6 ha, un Français 5,6 ha alors qu’un habitant de la planète devrait utiliser au maximum 1,8 hectare « global » (évaluation moyenne par habitant de la superficie disponible biologiquement productive) compte tenu des capacités de régénération des ressources naturelles. 2,2 ha c’est mieux mais ce n’est pas encore écologiquement neutre.
Le riche émirat pétrolier d'Abou Dhabi, le plus mauvais élève mondial en matière d’empreinte écologique, 11,9 ha, va entamer ce mois-ci la construction de la première cité au monde prévue pour fonctionner avec un niveau zéro d'émission de gaz carbonique. Masdar City, dont le nom signifie source en arabe, fonctionnera exclusivement avec des énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire. Ses habitants, au nombre de 50.000, seront en mesure de circuler à travers ses 6 kilomètres carrés par des moyens de transport automatique. Livraison prévue en 2013.
Cette nouvelle cité s'inscrit dans le cadre d'un ambitieux programme, baptisé logiquement Masdar, un projet économique dédié aux énergies nouvelles et renouvelables. Le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammad ben Zayed Al-Nahyane, a annoncé un investissement de 15 milliards de dollars alloué aux projets de Masdar. Bien que possédant des réserves de pétrole pour encore quelques 150 ans, les Emirats arabes unis cherchent à diversifier leur économie pour réduire leur dépendance traditionnelle vis-à-vis du pétrole.
Enfin, les Ecopolis ne séduisent pas seulement en Asie. La commission Attali vient de proposer la création de 10 villes nouvelles durables, intégrant les technologies vertes et les nouvelles technologies de la communication, ces villes seront les symboles de la modernité urbaine et de l'excellence architecturale.
A première vue, ces Ecopolis sont séduisantes. Enfin on prévoit de construire de manière durable, écologiquement correcte. Mais en y réfléchissant bien, ne sont-elles pas uniquement des vitrines ? de belles opérations marketing ? Dongtan et Masdar ambitionnent de devenir des destinations touristiques. Il y a de grandes chances pour que les touristes attendus aient le porte-monnaie bien garni et s’achètent ainsi une bonne conscience en proclamant à la ronde qu’ils passent leurs vacances de manière écologique. Ne pourrait-on pas utiliser l’argent investi dans ces projets pour rendre plus vertes les villes existantes ? Ce serait moins glamour certes mais certainement plus efficace pour améliorer l’impact qu’ont les activités humaines sur l’environnement. Ces méga-projets montrent bien que la vraie révolution écologique, celle qui remettra en cause le culte de la croissance et du progrès, n’est pas encore pour aujourd’hui.
20:13 Publié dans Actualités , Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : urbanisation, Ecopolis
Commentaires
Bonjour,
étant donné votre intérêt pour les questions environnementales, je me permets de vous informer de la tenue du 24ème Festival Science Frontières qui se tiendra du 2 au 5 avril prochain au Palais du Pharo à Marseille.
N'hésitez pas à nous contacter pour obtenir le dossier de presse, la bande-annonce exportable, ou de plus amples renseignements au 01 45 46 55 00 ou sur mon mail.
2008 sera l’année internationale de la Terre, a déclaré l’ONU. Et la première semaine d’avril, en France, sera celle du Développement Durable. Même si à Science Frontières, c’est tous les ans l’année de notre petite planète bleue, et toutes les semaines celle du Développement Durable, nous avons centré cette 24ème édition (eh oui, le Festival aussi est durable !) sur notre rapport à la Terre.
Cette année, Bernard Werber, Sylvain Augier, Jean-Marie Pelt, Marc Jolivet, Pascal Picq, Jacques Rocher, Natacha Calestreme, Boris Cyrulnik, Jérôme Bonaldi, Patrice Drevet, Catherine Chabaud… et bien d’autres invités de marque se poseront ensemble les bonnes questions pour dessiner l’avenir de notre planète Terre.
Association Science Frontières
www.sciencefrontieres.com
Ecrit par : Céline | 11 février 2008
Bonjour Christine,
Je me permets de te joindre via ce commentaire car je ne trouve pas directement ton e-mail sur ce blog. Je cherche à te joindre pour te proposer un RDV blogueurs, journalistes, passionnés de DD, prochaienment à Montpellier dans le cadre de la semaine du développement durable et en lien avec nos vidéos www.montpellier.cci.fr/bonsplansdd : "Les bons plans du développement durable"
N'hésite pas à me recontacter à ce sujet.
Bien cordialement,
Marie-Laure Biscaye
Ecrit par : Marie-Laure Biscaye | 18 mars 2008
Bonjour,
cela ressemble à ces décors hollywoodiens, à l'intérieur tout est beau, mais derrière le décor, les coulisses sont vastes. Cette façon d'exploiter l'écologie accentuera l'élitisme déjà trop présent. Il faut enseigner aux peuples du monde l'écologie, il ne faut pas les exclures.
Transformons notre habitat pour le rendre coexistant avec notre environnement, transformons donc nos villes et nos villages et changeons nos comportements. Ajouter des "écopolis" aux métropoles polluantes déjà existantes ne résoudra pas le problème du non-respect de notre environnement. Cela ajoutera juste des cités supplémentaires moins polluantes, elles aggraveront quand même nos problèmes environnementaux.
Nos gouvernantes et nos gouverants attendent, attendent et attendent encore. Quelques vitrines écologiques par-ci par-là, mais aucuns changements véritables de comportement, pas de réelles prises de conscience. Pourtant nous connaissons le mauvais impact que nous avons sur notre environnement. Qu'attendent-ils alors ? Peut-être une catastrophe, afin d'imposer répressivement le changement indispensable ; pas de feux rouges à ce carrefour, jusqu'à ce qu'il y ait un mort. Le bâton pour se faire entendre est assurément la pire des manières d'éduquer le peuple, c'est l'échec de la politique parlementaire au profit de la dictature. Faut-il imposer la conscience écologique ou faut-il l'éveiller ? C'est la question qui se cache derrière cette attente de nos gouvernantes et nos gouvernants.
Bon dimanche.
Ecrit par : proselyte2fabre | 13 avril 2008
Christine,
Et comment fait-on pour vous joindre via ce blog si l'on veut vous transmettre des infos ?
Ecrit par : Marc Mangin | 23 avril 2008




