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04 octobre 2007
Derrière les mots

Mes craintes que le Grenelle de l’environnement ne se résume qu’à une gigantesque opération de communication suivie de mesures au rabais se renforcent de jour en jour. Mardi, le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a déclaré souhaiter le doublement d'ici 2012 de la surface consacrée à l'agriculture biologique. Dit comme ça, ça sonne bien et c’est bon pour l’image verte du gouvernement. Mais si l’on regarde d’un peu plus près, on se rend compte que l’annonce du ministre s’apparente plus à un minimum syndical qu’à une grande révolution.
L’agriculture biologique ne représente actuellement que 2% des terres cultivées en France. Donc doublées on n’atteint que 4%. En Europe, globalement elle couvre 2,9% des surfaces agricoles utilisées (chiffres de 2004). Mais de grandes disparités entre les pays existent : cela va de 13,5 % en Autriche à 0,1 % à Malte.

Source : www.notre-europe.eu
L’objectif proposé par le groupe de travail n°4 du Grenelle de l’environnement d’atteindre 6% des surfaces en bio d’ici 2010 et 20% en 2020 ne me paraît donc pas si irréaliste que le prétend notre ministre. Tout est question de volonté politique et de mesures incitatives adéquates. Dans les années 70, la France était pionnière en matière de production biologique. Désormais, elle est à la traîne des autres Etats membres de l'UE. La moitié des fruits et légumes bios consommés en France sont importés.
D’après la fédération France Nature Environnement, les dernières déclarations du ministre de l’Agriculture sont en retrait par rapport à une première annonce faite devant le Grand conseil d’orientation de l’Agence Bio le 12 septembre dernier. Si on ajuste à la baisse sur le bio, on peut s’attendre à la même chose dans les autres domaines et qu’on nous serve un discours du genre : « c’est très bien vos propositions, c’est exactement ce qu’il faudrait faire mais on ne peut pas pour X et X raisons. »
Quant à ceux qui croient que le bio est voué à rester marginal et ne pourra pas nourrir toute la planète, je leur conseille de lire le petit calcul auquel s’est livré l’ingénieur Jean-Marc Jancovici :
http://www.manicore.com/documentation/manger_bio.html
Le bio peut nourrir la planète à condition de remettre en cause notre amour immodéré pour la viande. Et je rajouterais à sa démonstration, revoir notre engouement pour les biocarburants.
12:25 Publié dans Chroniques , Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle de l'environnement, agriculture, gouvernement, manger bio
Commentaires
C'est quand même mieux au centre...A plus !
C.
Ecrit par : Christophe Greuet | 08 octobre 2007




