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12 juillet 2007

La chasse à l’ours

Les ours des Pyrénées refont parler d’eux, enfin surtout Franska, ourse slovène réintroduite il y a un an, et qui est devenue ces derniers jours le bouc émissaire de la colère des éleveurs. Mercredi ils manifestaient devant la préfecture des Hautes-Pyrénées à Tarbes pour demander que cesse le programme de réintroduction et pour qu’on les débarrasse des ours vadrouillant déjà dans les montagnes et accusés de décimer les troupeaux de brebis.


Deux camps irréconciliables se font face, les pro et les anti-ours, deux visions de la nature et de la  place de l’homme. D’où une présentation des faits souvent déformée, faisant la part belle à l’émotion mais peu à la réflexion. L’homme et l’ours sont tous les deux des prédateurs et visiblement le partage de territoire pose problème. L’ours a besoin d’espace, de nourriture suffisante et de tranquillité pour mener sa vie. Or les Pyrénées sont de plus en plus fréquentées pour diverses activités (pastoralisme, tourisme vert, randonneurs, pêcheurs, chasseurs...), difficile pour ces pauvres ours d’avoir la paix. Alors ils se débrouillent.
Depuis son lâcher, Franska a bien compris que les zones d’élevage extensif  où les troupeaux ne sont pas protégés sont un garde-manger facile d’accès, elle en profite. Qui pourrait la blâmer. Sommes-nous prêts à laisser un peu de territoire aux autres espèces, celles qui sont différentes de nous ? Nous avons déjà bien du mal à accepter la différence entre humains alors les non-humains…

medium_franska.jpgDans ce dossier ours il ne faut pas oublier non plus le poids de la tradition. Dans certaines vallées pyrénéennes, on se transmet de génération en génération la haine de l’ours, un ennemi commun qui permet d'exorciser les démons et d’éviter de se remettre en question. Commode, non ?  Et si c’était justement le système pastoral pratiqué dans les Pyrénées qui était à revoir comme certains le préconisent ? Il faut se moderniser, un mot que l’on aime pas beaucoup en France.
Le pourcentage de brebis tuées par les ours sur une année est ridiculement faible. Chiens (errants ou de touristes), maladies, accidents, orages et conditions climatiques sont beaucoup plus préjudiciables aux troupeaux que tous les ours (ou loups dans les Alpes) réunis. Dans d’autres pays européens, la présence d’animaux sauvages n’est pas incompatible avec l’élevage.
Quant à l’hostilité manifestée à l’encontre des écologistes, qualifiés de « parisiens », ne connaissant pas le terrain, elle s’explique certes par l’histoire centralisatrice de notre pays et l’incompétence de pas mal de bureaucrates mais l’argument ne suffit pas pour convaincre. Ce n’est pas parce qu’on est né et qu’on a toujours vécu à la campagne qu’on est forcément respectueux de l’environnement. Toutes les traditions ne sont pas bonnes.

Le site du ministère sur la réintroduction de l'ours

Le pays de l'ours (Pétition contre la capture de Franska)

Bandeau réalisé à partir d'une affiche pour une manifestation organisée en 2006 par Pays de l'ours

21:00 Publié dans Chroniques , Environnement | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : conservation des espèces, biodiversité

Commentaires

ces bergers, des ours mal léchés !

Ecrit par : pierrot le zygo | 13 juillet 2007

Pourquoi les ours devraient-ils partir ? C'était leur territoire avant d'être celui des éleveurs non ?

Ecrit par : titi | 13 juillet 2007

Arrêttons d'accuser ces pauvres animeaux de tous les maux de la terre,laissons les vivre en paix.
Et que les éleveurs cessent d'être manipulés.

Ecrit par : ricardo | 18 juillet 2007

Bonjour Christine, bonjour à tous,
tout est dit ou presque dans cet excellent billet... ;-)

Je souhaite seulement revenir sur le terme d' "écologiste parisien"...
Tu sembles penser que le qualificatif de "parisien" est ici péjoratif... tu as peut-être raison... mais moi je le qualifierai plutôt d'explicatif (pour ceux qui l'utilisent, donc ici les anti ours). Dans ce terme, le signifiant péjoratif est d'avantage porté par le mot "écologiste" !!!!!!!

Et, oui, en 2007, en France le terme "écolo" ou "écologiste" est plutôt perçu par nos compatriotes comme péjoratif... !!!! De moins en moins, c'est vrai... mais encore tout de même !!! C'est triste mais c'est comme ça !!!

Les écolos sont encore aujourd'hui associés aux soixante huitards hippies !!!!!

c'est contre cette perception des choses qu'il faut lutter...

Comme complément, je vous propose deux liens:

http://www.changerlavenir.com/article-11778990.html

et

http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=845

à bientôt

olivier.

Ecrit par : Olivier Rossignol | 24 août 2007

faut laisser les ours tranquille, faut pas les tuer, faut les laisser vivre
pourquoi l'homme veut exterminer les animaux ? C 'est injuste et cruel
Non au meurtre d'animaux ! moi je tue pas d'animaux et j'en suis fière (je suis vegan)

Ecrit par : je-suis-vegan | 26 août 2007

Salut
Quequ'un dit :
>

Que nenni ! il faut vous renseigner mon garçon : on les a sauvagement kidnapés en Slovenie, où ils étaient chez eux, et on les a déportés en France.
D'ailleurs on devrait à titre de réciprocité équitable vous envoyer en Slovenie où les ours sont si bien.

Qu'on amène des ours dans les Pyrénées ou non n'est pas important en soi, mais fallait d'abord demander l'avis de habitants et faire payer l'opération à ceux qui voulaient les ours.

Des fonctionnaires bien au chaud dans leurs ministères se font plaisir en piegeant des ours sur leur propre territoire qu'ils connaissent, où ils ont des congénères, des habitudes, en les emprisonnant et en les lachant loin de chez eux. DE QUEL DROIT ?

Souvenez vous quand un ours était allé se balader dans la direction de Toulouse, tout le monde avait trouvé cela étrange. Tout simplement ce pauvre animal partait à la recherche de son domaine natal.

De quel droit des fonctionnaires parisiens obligent des gens ( des provinciaux évidemment ) à changer leurs conditions de travail, à subir des risques pour la vie de leurs chiens, et pour leur propre vie.
C'est un acte dictatorial, totalement arbitraire. Stalinien !

Qui plus est ce sont encore nous les contribuables qui payons pour des dépenses totalement inutiles.
Il serait préférable de mettre ces sommes perdues aux restau du coeur.
Il est plus normal de nourrir des hommes plutot que des ours.










Il serait parfaitement honnete d'attraper une nouvelle fois ces pauvres ours et et de les lacher dans l'entrée du Ministère concerné.

Ecrit par : francis rey | 28 novembre 2007

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