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02 juillet 2007
Le mythe de la nature sauvage

Les grands espaces vierges font rêver les citadins que nous sommes, la nature est ce lieu magique où l’on se ressource loin du monde des humains. La nature doit être protégée de leur mauvaise influence. Toutes ces idées sont pourtant archi-fausses. « Une nature préservée des humains cela n'existe plus », affirme sans détour Peter Kareiva, le scientifique en chef de Nature Conservancy, une ONG américaine, dans un article publié par la revue Science la semaine dernière.
La moitié de la surface du globe est utilisée pour les cultures ou le pâturage. Plus de la moitié des forêts ont été converties en terres cultivables. D’ailleurs la notion de forêt vierge doit elle aussi être corrigée : l’Amazonie et le Congo que l’on croyait inviolées recèlent des traces d’activité humaine remontant aux temps préhistoriques. Les mers et les océans eux-mêmes sont traversés en tous sens par des lignes maritimes. Les zones protégées ou dites sauvages sont davantage des zones de régulation plutôt que des endroits sans marque humaine. Ainsi, le parc naturel et préservé Fuji-Hakone-Izu au Japon accueille plus de 100 millions de visiteurs par an et abrite des hôtels, des parcours de golf...Nombre d'écosystèmes ont été détruits ou modifiés.
Bref, depuis que l’homme est sur terre il n’a de cesse de modifier son environnement pour améliorer la production de nourriture, se protéger des prédateurs et des catastrophes naturelles et développer le commerce. Selon les choix dans la domestication des écosystèmes, les conséquences peuvent être fort différentes. Certaines options bénéficient à la fois aux humains et aux autres espèces, d’autres uniquement aux humains et nettement moins aux autres, d’autres enfin conduisent à une dégradation telle des milieux que personne ne peut en profiter. Plutôt que de s'attacher à la préservation d'une nature sauvage qui n'existe plus, les écologistes devraient s'intéresser davantage à ces questions, suggèrent les auteurs de l'étude. Il s’agit pour les scientifiques de guider les activités humaines afin de réduire au maximum les effets négatifs de ces activités sur les écosystèmes. Une science encore balbutiante.Peter Kareiva esquisse des pistes. « Au lieu d’une nature cantonnée uniquement dans des réserves, il faut amener la nature en ville. Les villes sont aussi des écosystèmes, tout est une question de choix de développement, qu’est-ce qu’on favorise ou pas, dans quel monde naturel nous voulons vivre. L’effort doit porter sur la construction d’un futur à notre convenance, sans avoir la nostalgie d’un passé où tout était merveilleux (alors qu’il ne l’était certainement pas). Bien sûr qu’il faut continuer à créer des zones protégées mais l’enjeu là aussi c’est le management de ces zones plus que leur superficie. » Tout reste en définitive une question de choix.
20:55 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : conservation des espèces, biodiversité
Commentaires
salut Christine !
Ecrit par : pierrot le zygo | 02 juillet 2007
Merci, Christine!
Ecrit par : Jonathon D. Colman | 03 juillet 2007
Bonjour,
Cela me fait penser au livre Homo Disparitus d'Alain Weisman qui opte pour une solution radicale : faire disparaître l'homme de notre Terre afin d'analyser l'empreinte qu'il y a laissé.
Nicolas
Ecrit par : nicolas | 03 juillet 2007
Bonjour Christine,
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Ecrit par : Céline | 10 juillet 2007




