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11 mai 2007

Giec 3è round : un peu d’espoir

Les élections présidentielles ont quelque peu éclipsé la livraison du troisième rapport du Giec, consacré aux solutions à mettre en oeuvre pour atténuer les effets du réchauffement climatique. A la différence des deux premiers qui brossaient le tableau d'un avenir sombre, cette fois-ci c’est l’espoir qui domine. La communauté internationale a les moyens de lutter contre le réchauffement climatique, à un coût modéré, en utilisant les technologies actuelles. Cependant, le temps presse : les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient commencer à décroître à partir de 2015 si on veut contenir la hausse de la température mondiale moyenne entre + 2°C et + 2,4°C.


Les mesures visant à limiter la hausse des températures autour de +2°C (par rapport à 1980-1999) se traduiraient par une baisse de 0,12% du taux de croissance annuelle du PIB à partir de 2030. Autrement dit presque rien. Le rapport fait remarquer que plus les réductions d'émissions seront brutales, plus elles seront coûteuses pour l'économie mondiale. D’où la nécessité de planifier à long terme et ne pas avoir à réagir dans l’urgence. Un arsenal de solutions technologiques et de mesures réglementaires permettraient de lutter efficacement contre le phénomène (Lire ici : giec3.pdf).
Parmi les options retenues par le Giec figurent en bonne place les énergies renouvelables - éolien, solaire, géothermie - mais également le nucléaire, des bâtiments et des modes d'éclairage plus économiques, ainsi que les moyens de filtrer le dioxyde de carbone rejeté par les centrales à charbon, les plates-formes pétrolières et gazières. Agir pour limiter les émissions de gaz à effet de serre pourra même avoir des avantages substantiels connexes notamment en réduisant les dépenses de santé. En effet, la pollution cause chaque année des centaines de milliers de morts prématurées dans le monde.

medium_pachauri.jpgMais le rapport souligne aussi que chaque individu a un rôle important à jouer pour lutter contre le réchauffement climatique, ce n'est pas seulement l'affaire des gouvernements et des industriels. Le président du Giec,  Rajendra Pachauri, estime que l'intérêt marqué des opinions publiques incitera les gouvernements à passer à l'action. « Dans une démocratie, c'est la population qui finit par créer la pression pour le changement et l'initiative », a-t-il déclaré. La balle est donc dans notre camp. Au vu des résultats de la récente élection présidentielle, on peut émettre des doutes sur la volonté d’une grosse majorité de Français de faire appliquer une politique ambitieuse en matière d’environnement.

J’ai beaucoup apprécié que le président du Giec,  à titre personnel, plaide pour le végétarisme. « Si les gens mangeaient moins de viande, ils seraient peut-être en meilleure santé. Et, en même temps, ils contribueraient à réduire les émissions générées par l'élevage des bovins », a-t-il fait remarquer.  Produire la viande, la transporter, la réfrigérer, l'acheminer dans les commerces de détail, tout cela contribue à émettre des gaz à effet de serre. Selon Jean-Marc Jancovici, consultant français indépendant spécialisé dans les questions énergétiques, un kilo de boeuf, une fois arrivé dans l'assiette, correspond à 3,7 kilos de dioxyde de carbone. On oublie trop souvent que la production de notre nourriture est aussi source de gaz à effet de serre. Toutes nos activités sont concernées.

Aussi intéressante que doit la démarche, le Giec a des limites. Ses rapports ne sont que des guides sur lesquels peuvent s'appuyer les Etats mais qui ne leur dicte pas de politique précise. De plus son fonctionnement, qui part d’un souci de consensus, peut amener à des effets pervers. Les conclusions élaborées patiemment et difficilement par les experts sont attaquées par les délégués des gouvernements qui tentent de faire effacer ou modifier des phrases qui ne leur plaisent pas. Pire, des chercheurs anglais affirment que le premier volet paru en février a même été édulcoré. Michael Mann, directeur du Penn State Earth System Science Center, qui a participé à la rédaction du 3è rapport du Giec, refuse d'y croire. Il a déclaré dans les colonnes du New Scientist que « si c’était vrai, ce serait décevant. Permettre aux délégations gouvernementales de débarquer à la dernière minute et de modifier des conclusions obtenues après un long et dur travail de synthèse des données scientifiques, ce n’est pas rendre service à la société.» Mais certains se fichent royalement de l'intérêt commun, non ?

14:37 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : changement climatique, GIEC

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