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10 janvier 2007
La pollution participe aussi à l’épidémie mondiale d’obésité

300 millions de personnes dans le monde seraient obèses (International Obesity Task Force). A ce chiffre, il faut rajouter toutes celles en surpoids et on atteint allègrement le milliard. Le plus inquiétant c’est la progression de l’obésité chez les enfants. Face à ce problème de santé publique, les gouvernements des pays développés ont mis en place des campagnes pour inciter les gens à manger moins et plus sainement et à faire de l’exercice. Des recettes simples guère efficaces jusqu'à présent car l’obésité a des causes multiples interconnectées les unes aux autres.
En novembre 2006, un groupe de chercheurs américains a publié dans l’International Journal of Obesity (groupe Nature) un papier dans lequel ils mettent en évidence le rôle joué par d’autres facteurs que la sédentarité ou la malbouffe dans l’épidémie d’obésité. Pour dix d’entre eux, les données sont significatives indiquant un lien probable aussi fort que pour les deux autres communément admis : le manque de sommeil, la baisse de la consommation de tabac, la climatisation et le chauffage, la hausse de la consommation de médicaments, les maternités plus tardives, les facteurs génétiques, le lien entre obésité et fertilité, et enfin la pollution.
Le poids est régulé par les hormones et certaines substances utilisées par l’industrie sont des perturbateurs endocriniens, c’est à dire qui interfèrent avec la synthèse, le stockage, la libération, la sécrétion, le transport, l’élimination ou l’action des hormones naturelles. Il paraît évident que des effets indésirables sont possibles. A la fin des années 1990, l’équipe d’Angelo Tremblay de l’université de Laval au Québec, a commencé à étudier les effets des substances organochlorées (pesticides, PCB, dioxines…) sur le métabolisme. Ces composés sont stockés dans les cellules adipeuses et lors de l’amaigrissement, ils se retrouvent en circulation dans le sang. Parallèlement, les concentrations en hormones thyroïdiennes chutent beaucoup plus qu’attendu. L’ennui c’est que cette baisse entraîne aussi celle du métabolisme basal, c’est à dire la quantité d’énergie que brûle le corps. Donc les organochlorés empêchent le corps de brûler plus de graisses et favorisent le stockage. La perte de poids est vouée à l’échec.
Les récentes campagnes de Greenpeace ou du WWF ont montré que nos organismes contenaient un grand nombre de substances chimiques qui n’ont rien à y faire. Nos capacités naturelles de lutte contre ces toxiques finissent par être submergées, notre corps cherche alors à les diluer. La majorité de ces substances étant liposolubles, de nouvelles cellules adipeuses sont fabriquées. Plus elles sont nombreuses, plus il est difficile de maintenir un poids optimal : leur nombre ne diminue pas lors de la perte de poids, elles ne font que se vider. Si on rajoute au tableau, la découverte que ces cellules sont les seules à produire la leptine, une hormone, et doivent être considérées comme un organe à part entière, un organe pouvant interagir avec les systèmes immunitaire, nerveux…il est évident que le problème de l’augmentation de l’obésité ne se résoudra pas uniquement à coup de légumes verts et de musculation.
Pour certains chercheurs, l’épidémie d’obésité serait en fait une réponse adaptative du corps pour survivre dans un environnement de plus en plus pollué. Des enquêtes menées en Angleterre et aux Etats-Unis sur la répartition géographique de l’obésité montre que les régions qui comptent le plus de personnes obèses sont les régions industrielles (Nord de l’Angleterre, le long du Mississippi). En France, le rapport Obépi de 2006 indique que c’est le Nord-Pas-de-Calais qui est la région la plus touchée par l’obésité, une ancienne région minière et industrielle.
L’obésité étant multifactorielle, il est impossible d’établir des relations simples de cause à effet. Cette incertitude sert trop souvent à justifier l’absence de mesures radicales. Le principe de précaution est à géométrie variable, ce n'est pas un scoop. Comme pour la question climatique, à notre niveau de simples particuliers, nous pouvons faire des efforts, plus de gym, plus de légumes et de fruits, une vie plus saine…mais nous devons exiger de nos gouvernements et de nos industriels qu’ils nettoient ce qu’ils ont sali. L'Union Européenne vient de manquer une occasion de le faire avec la réglementation REACH adoptée dans sa version minimale sous la pression des lobbies.
18:30 Publié dans Environnement , Santé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : obésité, pollution, produits toxiques
Commentaires
Personnellement j'ai du mal a m'ecarter des deux grandes causes de l'obesite :
- l'exces de nourriture grasse et sucree
- l'insuffisance d'exercice physique
Les produits toxiques et la pollution ne peuvent avoir qu'une influence marginale.
Et si l'on veut parler de l'environnement on pourrait aussi ajouter une cause bien reelle qui est l'intensification du travail !
Non seulement le travail est moins physique qu'autrefois mais en plus il est davantage exigeant sur le plan psychique
On le voit tous les jours avec les maladies style TMS
Et cette aggravation du stress quotidien des travailleurs, d'ailleurs guere moindre pour les chomeurs, a des consequences evidentes sur l'alimentation
Le fameux grignotage par exemple
Evidemment ce facteur ne s'applique pas aux enfants, pour eux ce serait plutot la publicite, la tele et les jeux videos ... et le mauvais exemple des parents !
Ecrit par : touriste | 14 janvier 2007
Bonjour et bonne année 2007
j'ai mis aujourd'hui en ligne sur le blog commun (http://joyeuxanniversaire.midiblogs.com/) l'interview réalisée au musée de sérignan, le 25/11/06 lors de l'anniversaire de midiblogs.
Cordialement
Cyril Cahouzard
Ville de Sérignan, sce communication
04 67 32 60 90
Ecrit par : cyril cahouzard | 16 janvier 2007
Bonjour, heureuse de découvrir ce blog, grâce aux freemen.
J'ai lu cet article avec d'autant plus d'attention que je suis directement concernée.
Souffrant depuis plusieurs années d'hypothyroïdie (la cause la plus probable est la radioactivité - merci le nuclaire), j'ai pris 20kg (et du diabète) malgré une alimentation légère, saine et très limitée en sucres (que je ne métabolise plus).
Nous sommes de plus en plus nombreuses à souffrir de la maladie d'Hashimoto.
Il est temps qu'on en parle, et qu'on cesse de culpabiliser les "obèses".
Ecrit par : dominique | 16 janvier 2007




