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26 décembre 2006
L’écologie selon Lovelock

James Lovelock est le père de l’hypothèse Gaïa selon laquelle notre planète fonctionne comme un être vivant capable de s'auto-réguler afin de maintenir à sa surface les conditions les plus propices à la vie. Son dernier livre paru en février en anglais, The revenge of Gaïa, (La revanche de Gaïa) traite des menaces qui pèsent sur l’humanité à cause du réchauffement climatique et des solutions qu’il faudrait appliquer selon lui. Certaines de ses opinions sont très déroutantes et peu entendues dans le concert des voix écologistes.
On y retrouve toute la pensée de Lovelock, sa vision spéciale de l’écologie. Pour lui, l’humanité court à la catastrophe. Il ne précise pas quand, ni comment le ciel va nous tomber sur la tête, c’est plutôt une intime conviction forgée d’après son expérience du fonctionnement de la Terre. Nous sommes donc en guerre avec notre planète, une guerre certes non intentionnelle mais aux conséquences dramatiques. Pour faire la paix avec Gaïa, il nous faut cesser de ne penser qu’à nos droits et besoins. La nature n’existe pas uniquement pour notre bien-être ou pour nous fournir des matières premières. Elle a une valeur en soi. Nous ne sommes pas le centre du monde.
Lovelock ne regarde pas vers un passé mythique où l’homme aurait vécu en harmonie avec Gaïa. Depuis que notre apparition sur Terre, nous avons commis des erreurs et nous nous sommes mal comporté avec notre planète. Seulement maintenant avec la puissance de notre civilisation technologique et le nombre que nous sommes, 6,6 milliards, les conséquences sont nettement plus sérieuses : nos sociétés sont menacées de disparition. La Terre s’en sortira, elle en a vu d’autre au cours des 5 milliards d’années de son existence. Nous c’est moins sûr. Les solutions que préconise Lovelock visent à maintenir nos acquis, connaissances et technologies, éviter le chaos. Priorité à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, plaidoyer pour le nucléaire, seul moyen, selon lui, d’assurer notre approvisionnement énergétique, de « maintenir les lumières de la civilisation ».Il croit en la technologie, il évoque notamment les projets de géoingéniérie, mais pas comme solution définitive, juste comme moyen de gagner du temps « comme un secouriste qui va administrer de l’oxygène à une personne ayant fait un arrêt cardio-respiratoire afin qu’elle reste en vie durant le trajet jusqu’à l’hôpital. » Car ces réparations « ne feront juste que de nous donner du temps pour changer notre mode de vie destructeur ». Lovelock pense que nous devrions écouter les écologistes profonds (deep ecology) qui sont, parmi tous les penseurs « verts », ceux qui ont pris pleinement conscience de l’étendue des changement à opérer dans nos esprits pour vivre en paix avec notre planète Gaïa.
19:10 Publié dans Environnement, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : James Lovelock, Gaïa





Commentaires
il faudrait effectivement une véritable révolution des comportements pour sauver la planète mais on ne peut guère demander à 2 milliards de chinois et d'indiens qui vont découvrir la société de consommation de se montrer plus raisonnables et avisés que nous....le rêve des nouveaux riches à travers le mone est de rouler en porsche ou en ferrari et de se faire construire des palaces dans les endroits les lus huppés du monde !
Ecrit par : ulysse | 27 décembre 2006
Dans un monde où seule la "valeur travail" est mise en avant comme source d épanouissement personnel et sociétal, il semble malheureusement que la route soit encore longue avant que les esprits "dirigeants" n intégrent cette urgence que représente la grande révolution des comportements et des mentalités. Dans ce monde où est mise en avant la réussite personnelle, même si elle doit se faire au détriment des autres, aux dépends de l avancement général, il est fort à parier qu une fois de plus, ce ne sera que quand il sera trop tard que l homme songera qu il aurait peut-être du agir avant...
Certains iront peut-être même jusqu à dire qu ils ne savaient pas...
Ecrit par : Carpe Noctem | 11 mai 2007
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