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27 novembre 2006

Les thons rouges toujours en sursis… comme tous les autres poissons

En août dernier, je concluais mon article sur le bras de fer entre Greenpeace et les pêcheurs de thon français par ces mots : Priorité à l’économie et au court terme. L’accord international signé à l’issue de la conférence internationale de la Commission Internationale de Conservation des Thonidés de l'Atlantique (ICCAT), qui s’est tenue la semaine dernière à Dubrovnik (Croatie), respecte sans surprise bien ces principes. Bien que les quotas de prises aient été revus à la baisse, c’est encore insuffisant.


medium_iccat.jpgAu terme de dix jours de réunion, l’ICCAT, qui regroupe l'UE et près de 40 pays, a décidé de mettre en oeuvre un plan sur 15 ans pour restaurer les stocks de thon rouge de la Méditerranée et de l'Atlantique.  Ce plan, qui débutera le 1er janvier prochain, réduit progressivement les captures autorisées de 32.000 tonnes par an actuellement à 25.500 tonnes en 2010. Il étend les périodes de fermeture de la pêche, jusqu'à la moitié de l'année pour les gros bateaux. Et pour préserver la reproduction, les thons vendus sur les marchés devront peser au moins 30 kg, au lieu de 10 kg.  Mais surtout, les contrôles seront considérablement renforcés pour lutter contre la pêche illégale. Les autorités nationales de contrôle pourront désormais inspecter les bateaux de pêche en haute mer, et l'ensemble de la filière, des chalutiers jusqu'aux fermes d'élevage, devrait être étroitement surveillée, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Le commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, juge l'accord de Dubrovnik « décisif » pour « la reconstitution progressive des stocks de thon rouge ». Je crois que ce pauvre homme a des hallucinations et qu’il n’a pas bien lu les recommandations des scientifiques. Ces derniers estiment d’une part que les prises réelles se montent à environ 50.000 tonnes par an actuellement, soit 60% au-dessus des quotas autorisés, et d’autre part que, pour permettre une exploitation durable, les quotas devraient être ramenés à 15 000 tonnes par an ! On en est loin avec ce dernier accord, n’est-ce pas ?

Les organisations écologistes Greenpeace et WWF pointent ce fait et affirment que l’accord signe « l'arrêt de mort » du thon rouge en Méditerranée. « Ce plan ne laisse aucun espoir en matière de redressement du stock, s'insurge Stéphan Beaucher, responsable de campagne Océans pour Greenpeace France. Il n'a d'autre objet  que de soutenir la filière de la pêche industrielle et de l'engraissement, celle-ci  n'ayant aucune vision à long terme. De plus, ce plan offre sur un plateau une amnistie totale pour tous les dépassements de quotas et de pêche illégale enregistrés ces dernières années, et constitue, de fait, une sentence de mort pour le thon rouge en Méditerranée. »

La France, par la voix de son ministre  de l'Agriculture et de la Pêche Dominique Bussereau, exprime des « fortes réserves » sur l'accord, qui « ne remplit pas les conditions d'une lutte suffisamment efficace contre la pêche illicite ». Je suis d’accord avec lui vu que c’est aux Etats qu'il appartiendra de mettre en oeuvre les contrôles, comme cela se pratique actuellement, on voit l'efficacité ! Le président du Syndicat des Thoniers Senneurs français, Mourad Kahoul, quant à lui fulmine. Il estime avoir « joué le jeu» et « accepté qu’on me fasse la morale» pour un résultat qui avantage ses concurrents en Méditerranée. 

Les thons ne sont pas les seuls à risquer l'extinction. Au début du mois de novembre, une équipe internationale d’écologistes et économistes a publié une étude retentissante dans Science reprise par la presse mondiale dans laquelle ils affirment que d’ici 2050 les poissons auront disparu des mers. Ils entendent par "disparition" l'extinction de 90% de la population de référence de l'espèce concernée. A moins que l’on change nos manières de gérer les stocks. Visiblement c’est très mal parti. En même temps que la réunion de l’ICCAT sur le thon rouge, les Nations Unies menaient aussi des négociations sur la pêche. L’interdiction des chaluts de fond, ces filets qui traînent sur le fond des mers détruisant les récifs coralliens et les nurseries des poissons, n’a malheureusement pas été obtenue malgré là aussi, les évidences scientifiques. Je comprends les inquiétudes des pêcheurs mais si les réformes ne se font pas de manière volontaire, elles seront encore plus douloureuses, surtout pour leurs enfants. Comme le raisonnement à court terme prévaut sur le bon sens, préparons-nous à ne plus voir de poissons sur les étals des poissonniers, 2050 ce n’est pas si loin. Je ne suis pas sûre que l’aquaculture pourra fournir tout ce dont nous avons besoin.

23:00 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Thons rouges, exploitation des ressources, pêche

Commentaires

Le thon, c'est con!

Si je paraphrase une ancienne réclame, c'est qu'il serait bon que les consom'acteurs relaient la campagne de Greenpeace (voir leur site).

En tout cas, qu'ils refusent de cautionner l'écumage de la méditerranée opérée par les pécheurs de thon rouge (le blanc, je vous l'accorde encore, mais n'abusez-pas!). Thon rouge qui est en voie de disparition.

Je cite une dépèche AFP: "Selon l’étude du Fonds mondial pour la nature (WWF), les prises, en 2005, ont dépassé d’au moins 40 % le quota de capture autorisé, établi à 32000 tonnes. L’organisation écologique dénonce des "captures illégales, non signalées et non réglementées", et réclame la fermeture immédiate de la pêche dans certaines zones, ainsi que "des mesures strictes d’encadrement et un plan de reconstitution" des stocks. Sinon, "il faut s’attendre à une extinction totale du thon rouge en Méditerranée et dans l’Atlantique Est"."

La preuve? Les pécheurs ne trouvent plus de thons rouges adultes, ils en sont maintenant réduits à pécher les petits et à les élever ensuite pour les faire grandir. Cela veut dire qu'il n'y a plus d'adultes, donc plus de petits à brève échéance. Ils se sont déplacés pour pécher les derniers bancs dans l'est de la Méditerranée, qui devraient plutôt être sanctuarisés.

Il faut donc tout de suite arrêter de manger du thon rouge, celui dont on fait poeller de belles tranches bien grasses et dont les japonais adorent les sushis (ils se fournissent maintenant en thon rouge en Méditerranée, n'en ayant plus en extrème-orient).

Le pire, dans l'histoire, c'est de voir la collusion entre la profession des pécheurs et le Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Sans doute pour éviter tout risque qu'un thon bouche le Vieux Port!

Les pires, ce sont certains journalistes qui ont qualifié Greenpeace de pirates, alors que ceux qui écument nos fonds, ce sont les marins-pécheurs, alors que ce sont les pécheurs qui sont montés à l'abordage. Qui croira ensuite en l'objectivité des médias?

Ecrit par : Etcestpastriste | 29 novembre 2006

et bien ce que nous savons la dessus n'est pas des plus rassurant et comme toujours le consom'acteur ne reagira pas. Comme pour beaucoup d'animaux dans ce cas bien peu de personnes se sentent concernées et pourtant...Si nous ne reagissons pas nous allons foutre en l'air la planete et ce n'est pas nous qui verrons cela mais nos enfants et petits enfants. Le monde est plein d'irresponsables.

Ecrit par : laurence | 02 décembre 2006

Etcestpastriste ou quelqu'un d'auter peut-il me dire en chiffre la surexploitation du thon rouge par les Japonais?
j'aimerais avoir ces chiffres, merçi !!

Ecrit par : sébastien | 09 avril 2007

je cherche documentations sur l 'impact de l'elevage du thon sur l environnement

Ecrit par : heba | 08 octobre 2007

cherche documentation sur l elevage du thon sur l environnement

Ecrit par : heba | 08 octobre 2007

je travaille sur les thoniers de sete j'etai a marsseille vous dites quoi aux famille de pecheurs qui ont etaient former dans des ecoles specialise et qui meintenent ne travaille plus que un moi dans l'annee tout les lycees maritime sont plein a craquer areter de vous en prendre aux pecheur et trouver des solution pour que ses gens travaille dans le respec de l'environement la mort de la peche comme vous la programer n'ai pas une bonne chose

Ecrit par : pain guillaume | 28 mars 2008

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