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21 novembre 2006

Les hommes, le paludisme et la quinine

Actuellement 90% des personnes qui meurent du paludisme vivent en Afrique. Dans nos pays développés on a tendance à oublier qu’il n’y a pas si longtemps encore, cette maladie y faisait des ravages. Par exemple en France, en 1931, le marais poitevin, le golfe du Morbihan et la Camargue étaient touchés tandis que la Corse connaissait des cas de paludisme à  Plasmodium Falciparum, la forme la plus redoutable. Ce n’est que vers 1950 que les mesures d’assainissement ont entraîné une disparition du paludisme autochtone.
Le premier remède naturel efficace contre la maladie, la quinine, n’a été découvert qu’au XVIIè siècle. La journaliste et écrivain anglaise, Fiammetta Rocco, raconte, dans son livre L’écorce miraculeuse, l’histoire de la lutte contre le paludisme. Une histoire malheureusement encore inachevée.



medium_Cinchona.jpgDepuis la nuit des temps, les hommes sont confrontés au paludisme. Des fouilles sur des momies égyptiennes, les textes védiques, les écrits babyloniens et de la Chine du 3è millénaire avant JC  en témoignent. Les scientifiques pensent que la maladie a été importée d’Afrique dans le monde méditerranéen par la vallée du Nil au temps de l’homme préhistorique dès les premières migrations à travers l’Afrique du Nord, le Proche-Orient et l’Europe. Les Romains le distribuèrent dans tous les pays qu'ils conquérirent. Au Moyen-Age, une grande partie de l’Europe en souffrait de l’Espagne à la Pologne et à la Russie.
Jusqu’au XVIIè siècle, aucun traitement n’était vraiment efficace, ils étaient empiriques et les savants proposaient des recettes différentes de l’un à l’autre. Personne ne savait à quoi précisément étaient dues ces fièvres meurtrières, les explications les plus fantaisistes circulaient. Les observateurs les plus attentifs avaient toutefois établi un lien entre les eaux stagnantes des étangs et marais et les fièvres d’où le nom  malaria de l’italien mal-aria (mal-air). (L’appellation paludisme, de palus qui signifie marais en latin, n’est apparue qu’au milieu du XIXè siècle avec les progrès scientifiques dans l’étude de la maladie.)

medium_fiammetta.jpgLa découverte d’un remède s’est faite un peu par hasard. Un siècle après l’arrivée des Espagnols au Pérou, les Jésuites s’intéressèrent à l’écorce de quinquina que les Indiens utilisaient pour soigner les frissons. Ils eurent l’idée de la tester sur des malades atteints de fièvres et découvrirent ainsi un remède efficace.  Baptisé « poudre des Jésuites », le quinquina fut introduit en France aux alentours de 1630. Sa réputation se répandit ensuite dans toute l’Europe mais, comme pour toute nouveauté, il se heurta à la méfiance notamment des protestants pour qui un remède apporté par des catholiques ne pouvait être que suspect ! Au XVIIIè siècle, le quinquina devint la marchandise la plus précieuse importée d’Amérique du Sud.
Fiammetta Rocco montre comment des rivalités nationales se mirent en place pour le contrôle de l’approvisionnement, comment des essais concurrents d’introduction de ces arbres furent menés dans différentes régions chaudes et montagneuses ( Inde, Ceylan et Java) et comment la généralisation de l’utilisation de la quinine a permis aux colons de s’installer dans des régions où cela aurait été impossible quelques années auparavant. A la fin du XIXè siècle, la science va permettre enfin de comprendre ce qui cause le paludisme, avec la découverte du parasite plasmodium par Alphonse Laveran en novembre 1880 puis les travaux de Ronald Ross sur la transmission par le moustique.
Fiammetta Rocco nous entraîne à travers quatre siècles d'Histoire et cinq continents grâce à de nombreuses sources inédites et des anecdotes personnelles. Un peu brouillon dans le premier chapitre, ce livre mérite la lecture car, au delà de ses qualités de documentaire historique, il montre l'incapacité des hommes à partager les trésors de la nature de manière équitable entre tous.

L’écorce miraculeuse, le remède qui devait changer la face du monde de Fiammetta Rocco – Ed Noir sur Blanc – 300 pages – 23€

Pour en savoir plus sur le paludisme : Institut Pasteur  

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19:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : L'écorce miraculeuse, Fiammetta Rocco, paludisme

Commentaires

Bonjour Christine, si tu as le temps d'aller faire un tour sur mon blog et si tu est interressée, j'ai reçu cette note de Nicolas, tous ceux qui veulent mettrent une des bannières sur leur site ou blog, sont les bienvenus.
Amitiés.

Ecrit par : Soezic | 27 novembre 2006

Fin novembre ,c'est les marchés de Noel et ,les températures très clémentes : simple tee-shirt pour la plupart...Humm! et ,les moustiques ,aussi apprécient.. Plus de chaleur ,plus d'insectes ! Mais certains chantent encore "tout va très bien ,Madame la Marquise"!!!

Ecrit par : mijane | 27 novembre 2006

Mijane as-tu vu le vrai message dans "tout va très bien ....."

Ecrit par : Soezic | 27 novembre 2006

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