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17 octobre 2006

Le futur des villes : le meilleur, écopolis, et le pire, les bidonvilles

En 2007, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la moitié de la population mondiale, vivra en ville. Pas vraiment de quoi se réjouir pourtant car les problèmes auxquels ces villes devront faire face sont énormes. D’abord, la question environnementale. Les villes occupent 2 à 3 % de la surface de la planète mais consomment 75% des ressources avec une forte demande pour les énergies fossiles contribuant au changement climatique. Pourtant, il est possible d’inventer une nouvelle forme de ville dans laquelle l’empreinte écologique de ses habitants est réduite au maximum : c’est le concept d’écopolis.


medium_dongtan2.jpgDans ces cités respectueuses de l’environnement, des espaces seraient réservés à l’agriculture de subsistance afin de réduire la distance entre le champ et l’assiette, les énergies renouvelables utilisées et rentables grâce aux économies d’échelle que la ville peut offrir et surtout les plans seraient radicalement différents de ce que l’on connaît actuellement avec des secteurs où se côtoieraient quartiers d’affaires, industriels et résidentiels. L’objectif étant de réduire au maximum l’usage de la voiture, les transports en commun ou la marche à pied suffisant. Ecopolis se veut un équilibre entre les zones urbaines peu denses obligeant à l’usage de la voiture, type banlieues américaines, et des zones trop denses qui se comportent comme des îlots de chaleur. Pour l’instant, écopolis ressemble plus à un concept qu’à une réalité. Le projet le plus ambitieux est Dongtan en Chine dans la région de Shanghai dont la livraison est prévue pour l’exposition universelle de 2010.

medium_davis.jpgLa réalité de l’urbanisation en particulier dans les pays en voie de développement c’est plutôt le bidonville. La croissance de ces villes du Tiers-Monde s’est fait de manière anarchique et déconnectée de l’industrialisation et de la croissance économique. En 2005, 1 milliards de citadins habitaient un bidonville soit un sur trois. Dans son dernier livre, Le pire des mondes possibles, Mike Davis, chercheur américain indépendant, montre comment on en est arrivé là. Le tableau est effrayant. De nombreux Etats ont renoncé à toute intervention dans le domaine du logement. Les programmes d’ajustement structurels de la Banque mondiale et du FMI, d’inspiration néolibérale, n’ont rien arrangé au contraire. Alors s’est développé dans ces zones un prolétariat informel, une économie où des pauvres exploitent des plus pauvres. Les habitants des bidonvilles sont en danger permanent, ils vivent sur des zones où le risque géologique (tremblements de terre, glissement de terrains) est important, où la pollution des industries n’est pas contrôlée, où les sanitaires sont absents. Ils risquent également de se faire déporter lors des programmes de rénovation urbaine, se retrouvant dans des bidonvilles toujours plus éloignés des lieux de travail et voyant ainsi fondre leur déjà maigre revenu. En effet, les autorités urbaines du tiers-monde sont en conflit perpétuel avec les pauvres qui sont encore dans les centre-villes.
Si bien que Mike Davis à la fin de son livre a intitulé un chapitre Une humanité en trop ? La question peut choquer mais elle s’impose. « L’opération de tri de l’humanité par le capitalisme tardif a donc déjà eu lieu » écrit-il. Davis décrit non seulement la réalité des bidonvilles mais se livre aussi à une vive critique du néolibéralisme et du culte de la dérégulation. Pour lui, l’avenir c’est une guerre urbaine incessante. Les classes moyennes se bunkerisent dans des villages protégés par des caméras et oublient ceux qu’elles ont laissé derrière, les penseurs américains et européens n’ont toujours pas intégré les implications géopolitiques de la montée en puissance d’une « planète de bidonvilles ». Les seuls qui ont prévu un plan c’est l’armée américaine qui entraîne ses troupes aux combats de rue dans des conditions proches de celles des bidonvilles. Une vision de l’avenir très inquiétante mais qui a beaucoup de chances de se réaliser. Ecopolis pour les riches et bidonvilles pour les pauvres ?

Le pire des mondes possibles, de l'explosion urbaine au bidonville global  de Mike Davis - Ed La Découverte - 250 pages - 21€

Commentaires

content de t'avoir toi aussi rencontré a nouveau
byby

Ecrit par : pierrot le zygo | 19 octobre 2006

l'urbanisation de la planète manque en effet cruellement de considération politique si bien qu'elle se fait de manière de plus en plus anarchique.

Tony
http://planete-ville.over-blog.net

Ecrit par : Tony | 06 mars 2007

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