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18 septembre 2006

Les malheurs de l’arche de Noé

Tout le monde connaît l’histoire de Noé et de son arche dans laquelle il fit monter un couple de chaque espèce animale pour les sauver du déluge annoncé par Dieu. Ce récit biblique ne serait-il pas le premier témoignage d’une prise de conscience de la part des humains de la richesse que constitue la biodiversité ? Christophe Guitton, vétérinaire et docteur ès sciences et Claude Combes, professeur de biologie et membre de l’Académie des sciences, le pensent et examinent la situation catastrophique de la biodiversité sur notre planète au regard de cette histoire mythique. Leurs conclusions sont sans appel : l’arche de Noé prend l’eau de toute part et risque de sombrer.


Pour bien comprendre la biodiversité, les deux auteurs rappellent d’abord les bases de l’évolution, ce qu’est une espèce, comment chacune s’adapte à son environnement et pourquoi la diversité génétique est indispensable à leur survie, comment elles entrent en compétition entre elles pour les ressources. Ils reviennent aussi sur les extinctions de masses qui se sont produites au cours des 600 derniers millions d’années montrant que dans la nature les espèces apparaissent et disparaissent. Le problème c’est que l’action destructrice de l’homme sur les espèces par la destruction de leur habitats ou par leur exploitation en tant que proies se produit sur des échelles de temps trop courtes pour qu’elles aient le temps de s’adapter.
medium_naufrage_arche.jpg Ceci posé, ils prennent deux exemples opposés de l’action de l’homme sur la biodiversité qu’ils exposent en détail : le cas de l’éléphant d’Afrique et celui de l’ours de Pyrénées. Dans le premier cas, la cupidité des hommes pour l’ivoire et la lenteur de la prise de conscience du problème ont conduit l’éléphant au bord de l’extinction, sa survie n’est pas encore assurée malgré des règlements internationaux. Dans le second, l’espèce n’est pas en danger au niveau mondial mais avait quasiment disparu du territoire français. La réintroduction de l’ours est le résultat d’une volonté politique, considérant que sa présence est un atout pour les régions concernées. Toutefois, la partie est loin d’être gagnée pour l’ours des Pyrénées, les oppositions à sa présence restant vivaces.
C’est ce qui amène Guitton et Combes à conclure que les chances de réussite des Noés du XXIè siècle sont maigres et que leur tâche est immense car il y a les espèces emblématiques, à majorité terrestre, qui bénéficient d’un fort capital sympathie et il y a le problème des écosystèmes marins, plus fragiles mais peu connus, qui sont pillés sans vergogne et dans l’indifférence générale. « L’humanité est tragiquement incapable de freiner ses désirs d’accumulation de richesse et de pouvoir, tragiquement incapable de voir autrement qu’à court terme, incapable –en un mot- de se discipliner » constatent-ils.
Ce petit livre explique de manière claire et concise les problèmes liés à la conservation de la biodiversité et explicite sans concession le rôle de l'homme dans sa destruction, il est à mettre entre toutes les mains. Certains trouveront les auteurs pessimistes, personnellement je pense qu’ils sont réalistes. « Soit on obéit à ses gènes, on est myope, on proclame « après moi le déluge », soit on obéit à sa culture, on regarde au loin, on s’efforce d’empêcher le déluge ou de le retarder ». A chacun de choisir.

Le naufrage de l’arche de Noé de Christophe Guitton et Claude Combes – Ed Belin – 130 pages – 16€

Commentaires

intéressant !

Ecrit par : cannelle | 18 septembre 2006

Comment est ce possible, lors de mes randonnées dans l'arriere pays nombre de ruisseaux plus ou moins gros sont désesperement à sec, ce sont les bonnes résolutions pour sauver ce qui peut encore l'être qui sombrent dans le néant

Ecrit par : mikaelig | 19 septembre 2006

Le naufrage de NOE est-il univesel ou propre à une région?

Ecrit par : Belbachir | 12 mai 2007

Il y a 15.000 ans la Sahara était vert, avec des rivières, des buffles, des crocodiles. Depuis plus de 5000 ans il s'est asséché pour devenir progressivement ce qu'il est actuellement. Pourtant, à cette époque, pas de pollution humaine ni gaz à effet de serre... Cherchez l'erreur.

Ecrit par : Luc | 03 juin 2007

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