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13 septembre 2006
Les civilisations humaines seraient nées grâce à des changements climatiques majeurs

« La civilisation est en grande partie une conséquence accidentelle d'une adaptation non-planifiée à un changement climatique catastrophique. Elle a été un dernier recours, un moyen d'organiser la société, la production et la distribution de nourriture face à la détérioration des conditions environnementales», a affirmé le docteur Nick Brooks lors du Festival de la science de Norwich, en Angleterre, la semaine dernière.
Selon lui, il y a entre 4 et 6000 ans, les conditions climatiques se sont dégradées, devenant plus arides et difficiles. Ces changements étaient dus à des fluctuations naturelles. La conséquence en a été une aggravation des conditions de vie pour les hommes dans des régions où ils vivaient jusque-là de la chasse et la cueillette. Pour survivre, les hommes se sont alors rapprochés des différentes sources d'eau, ce qui a conduit à la création de communautés stables. C'est ainsi que sont nées les premières civilisations en Egypte, en Irak, en Asie du Sud, en Chine et dans le nord de l'Amérique du Sud. Ses conclusions se basent sur des travaux qu'il a effectué au Sahara. On sait maintenant, grâce à des peintures rupestres découvertes dans ces régions que l'endroit a abrité une faune et une flore luxuriante, preuve d'un climat différent de celui qui y règne aujourd'hui.
L'afflux de migrants autour des fleuves et l'aggrandissement des communautés a inévitablement amené le besoin d'une plus grande organisation sociale et des conflits à propos des territoires et des ressources. Pour le docteur Brooks, cette évolution n'a pas été positive pour tout le monde, pour certains la vie est devenue plus dure. L'espérance de vie dans certaines régions a aussi chuté : un ancien Egyptien ou un Romain avait une vie plus courte qu'un chasseur-cueilleur du Paléolithique supérieur. Avec la civilisation sont apparues grandes inégalités sociales, violence et toutes les formes de tyrannie incarnées par les chefs politiques et religieux autoproclamés. « Ces modèles de gouvernement existent toujours aujourd'hui et nous pourrions mieux les comprendre en expliquant comment la civilisation est née par accident comme une conséquence du dernier grand bouleversement climatique global», a déclaré Nick Brooks. Il a ajouté que « sans ces changements climatiques, les sociétés humaines auraient peut être évolué plus lentement, ou bien nous serions encore des fermiers-villageois ou des chasseurs-cuilleurs...» En revanche, il a refusé d'extrapoler sur les conséquences du changement climatique actuel estimant qu'il était d'une tout autre échelle comparé à celui d'il y a 5000 ans.
On peut tout de même se poser la question de savoir comment nos sociétés vont s'y adapter, et au vu de ce genre d'étude, il y a fort à parier que les modifications risquent d'être considérables et ne pas forcément déboucher sur une organisations bénéfique pour la majorité des humains. Je note également dans le discours de Nick Brooks une légitime interrogation sur les bienfaits de la civilisation. En effet, on nous apprend dès notre jeune âge à opposer civilisation et barbarie. Encore faudrait-il s'entendre sur la signification du mot civilisation. Une première recherche sur le net m'a fourni des pistes intéressantes de réflexion. A suivre.
16:55 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : changement climatique, Nick Brooks, premières civilisations





Commentaires
cette thèse n'est pas nouvelle elle a déjà été développée par Arnold Toynbee un historien anglais qui dans les années 50 a écrit un essai qui s'appelle je crois "le défi des civilisations" Selon lui les grandes civilisations sot nées d'un défi posé par l'environnement
Ecrit par : ulysse | 14 septembre 2006
Et l'inverse : l'épuisement des ressources et les changements climatiques peuvent avoir raison des civilisations. Lire l'excellent livre "L'effondrement" de jared Diamonds,essai de 600 pages mais vrai polar archéologique, mais qui montre une chose pleine d'espoir : le plus petit dénominateur commun aux civilisations qui ont survécu : la cohésion sociale autour de la préservation des ressources (l'exemple le plus fameux : l'Islande)
Ecrit par : isabelle | 14 septembre 2006
Excellente analyse. Un besoin impérieux fait évoluer l'homme. Une chose, pourtant, m'étonne dans ce genre d'analyse (qu'on retrouve dans de nombreuses autres) : la civilisation serait à l'origine de l'inégalité et de la violence entre les hommes, ce qu'ils ne connaissaient pas auparavant. Une thèse chère à J.J. Rousseau, contraire à celle de Hobbes. Mais comment savoir ? Aujourd'hui, vu les inégalités astronomiques entre les hommes, le seul moyen de régulation serait une dictature d'un genre nouveau ?
Ecrit par : Léviathan | 26 décembre 2006
j'aimerai que Christine Dédier m'aide dans les ativités scientifiques parce que j'y suis pas tellement forte. Merci et bonne compréhension
Ecrit par : Anta Abdou Diouck | 08 janvier 2008
nous savons que depuis les temps les plus reculés l'homme a su ceeer des maisons pour se mettre à l'abri du vent du pluie etc mais nous constatons que le degré de perfectionnement de creation de l'homme croit sans cesse grace à un dévolepement scientifique et technique.
mais nous aussi que la civilisation commence dés le labour du premier champ et la construction de la premiere hutte.
Ecrit par : lhirche brahim | 08 janvier 2008
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