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29 août 2006
Le littoral, zone de tous les dangers

Actuellement, 60% de la population mondiale, soit près de 3 milliards de personnes, vit à moins de 60 km des côtes, la moitié sur le littoral même. Les deux-tiers des villes peuplées de plus de 2,5 millions d'habitants sont situées à proximité d'estuaires. En 2025, c’est 75% de la population mondiale qui vivra sur cette zone. Le problème c’est que le milieu est fragile. Pêcheurs, entrepreneurs et promoteurs immobiliers, pouvoirs locaux, responsables de l'élimination des déchets, du tourisme et de la politique de l'eau poursuivent leur propre intérêt sans aucune concertation, causant des dégâts considérables. Du coup, le littoral, attractif depuis la nuit des temps, devient une zone à risque : inondations, montée du niveau de la mer, ouragans, érosion des plages, pollutions…
Il y a un an, l’ouragan Katrina s’est abattu sur La Nouvelle-Orléans causant plus de 1500 morts et 125 milliards de dollars de pertes matérielles. Seulement la moitié des 455 000 résidents de la ville sont rentrés chez eux un an après, la reconstruction se fait lentement. Dans le dossier consacré au climat du numéro d’été de La Recherche (que je recommande), un article aborde même la question de la pertinence de la reconstruction. En effet, la Nouvelle-Orléans est particulièrement mal placée, la ville s’enfonce, certains quartiers sont en dessous du niveau de la mer. De plus, les scientifiques prévoient d’ici la fin du siècle une fréquence accrue des ouragans due à l’augmentation de température des océans, augmentation qui provoquera aussi une hausse du niveau des eaux jusqu’à 40cm selon le GIEC. (Cette hausse sera due à la dilatation des océans et très peu à la fonte des glaces).
Dans ces conditions, ne vaudrait-il pas mieux abandonner le site ? Des terres ont déjà été rendues à la mer aux Pays-Bas ou en Angleterre dans le cadre de la lutte contre les inondations mais une ville entière ce serait une première. D’autant plus que la Nouvelle-Orléans présente des avantages économiques : accès à la mer, le fleuve Mississippi, grandes voies de communication reliant le sud au nord des Etats-Unis, présence de pétrole, de gaz et de poissons. Ce sont d’ailleurs les avantages procurés par les côtes, zones de pêche, transport, climat plus tempéré qu’à l’intérieur des terres…qui ont amené les sociétés humaines à s’y installer depuis des millénaires. L’explosion démographique et surtout l’exploitation non durable des ressources a mis en danger ce milieu précieux. Combien faudra-t-il de catastrophes et de morts humaines pour obtenir une meilleure gestion ? Beaucoup j’en ai peur, tant d’intérêts sont à concilier.
Pas besoin toutefois d’aller à l’autre bout du monde (Delta du Nil, Bangladesh, îles du Pacifique…) pour être confronté aux problèmes du littoral. En Languedoc-Roussillon, les risques existent, principalement les inondations. Les cartes de la Direction régionale de l’environnement sont très parlantes. Une partie de la population vit sur des zones inondables. La région continuant de se peupler à un rythme soutenu, 1,44 % par an depuis 1999, la pression sur le littoral ne fera que s’accroître. Lors de l’université d’été des urbanistes l’année dernière, Eric Andrieu, vice-président du conseil régional, délégué notamment à l’aménagement du territoire, avait ainsi résumé l’enjeu : « Si rien n’est fait en terme d’organisation territoriale, les 300 000 habitants prévus d’ici 2010 vont se fixer entre l’autoroute et la mer, sous la pression des promoteurs, qui recherchent de la valeur ajoutée à court terme. (…) Et pour éviter l’engorgement du littoral, il faut équiper l’intérieur des terres ». La balle est donc dans le camp des politiques. Personne ne choisit de construire en zone inondable, les gens s’installent là où ils peuvent et surtout là où il y a de l’activité économique. Je serais la première à aller m’installer dans l’arrière-pays si je pouvais y trouver un bon travail sans avoir besoin de faire des kilomètres tous les matins. Tout est question de politique d’aménagement du territoire.
16:25 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littoral, risques, inondations, Languedoc-Roussillon





Commentaires
Bonjour et bravo pour votre blog!!!
Je vais le lire entierement dès que le temps me le permettra mais j'en ai parcouru quelques lignes et c'est fort interessant.
Bonne continuation.
Dan' le dessineux un peu félé...un peu juste. ;-D
Ecrit par : dan' | 31 août 2006
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