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25 août 2006
Greenpeace, les pêcheurs de thons et les autorités françaises

Le Rainbow Warrior II n’aura finalement pas pu s’amarrer au port de Marseille. L’organisation écologiste Greenpeace souhaitait faire escale comme elle l’a fait à Gênes, Barcelone et Athènes dans le cadre d'une campagne d'information sur les dangers encourus par la Méditerranée: bétonnage des côtes et surpêche de thon rouge. Seulement les pêcheurs ne l’entendaient pas de cette oreille et, grâce au soutien des autorités, ils ont réussi à chasser Greenpeace. C’est désolant mais guère étonnant connaissant les us et coutumes de notre pays.
Dès mercredi matin, une vingtaine de thoniers et chalutiers ont encerclé le Rainbow Warrior II en route vers Marseille, dans l'intention de le contraindre à repartir vers le large, la communauté urbaine de Marseille ayant refusé de l’accueillir dans le Vieux-Port. Le patron du syndicat des thoniers méditerranéens, Mourad Kahoul, a ensuite adressé un message à Greenpeace accordant au Rainbow Warrior « deux heures d'escale technique » jusqu'à midi, avant de repousser cet ultimatum. Dans l'après-midi, la préfecture maritime de Toulon, invoquant « un risque avéré de trouble à l'ordre public » a annoncé que le Rainbow Warrior n'était plus autorisé à mouiller en rade de Marseille. Vers 16 heures, les thoniers se sont dirigés vers le port autonome de Marseille pour en bloquer l’accès. Conséquences : un millier de passagers vers la Corse et le Maghreb bloqués, six navires de passagers détournés vers Toulon, cinq navires de marchandises en attente au large et quatre coincés dans le port. Jeudi matin, les pêcheurs ont accepté de libérer le Rainbow Warrior et ont levé le blocage du port de Marseille. La proposition de la préfecture maritime de le remorquer hors de la zone a été acceptée. Le navire de Greenpeace a quitté Marseille vers sa prochaine étape Carthagène, en Espagne.
Dans cette affaire, l’attitude des pêcheurs et des autorités est scandaleuse. Je n'en suis pas surprise, dans notre beau pays, il y a des choses sur lesquelles on peut compter mais je ne peux m'empêcher de bondir quand je lis que le président du syndicat des thoniers, Mourad Kahoul, affirme que l'espèce n'est pas en danger, faisant fi des conclusions de scientifiques qui affirment le contraire (lire ici). Lorsque le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Dominique Bussereau, ose déclarer aux journalistes qu’« il y a eu de la part de Greenpeace, comme souvent, une attitude assez provocante », que « les pêcheurs de thon ont beaucoup de difficultés puisque ce poisson est à la fois très demandé sur le marché mondial et que la pêche du monde entier vient le chercher en Méditerranée, en particulier pour le marché japonais », je suis affligée de tant de parti pris. Le ministre a même affirmé que « le gouvernement français soutient ses pêcheurs pour avoir lors de la conférence internationale de l’ ICCAT en novembre prochain en Croatie le maximum de possibilités de pêche, tout en préservant la ressource ». On ne saurait être plus clair. J’aimerais qu’il m’explique comment on peut pêcher un maximum en préservant la ressource. Encore un qui croit au mythe de la croissance infinie. Dans quelque temps, si les choses continuent sur leur lancée actuelle et je ne vois pas comment elles pourraient changer, les mêmes pêcheurs viendront se plaindre auprès du ministre que leur profession est sinistrée et qu’ils veulent des aides.Malgré tout, selon Greenpeace, l'action théâtrale des pêcheurs professionnels contre le Rainbow Warrior II est une publicité « au-delà de ses espérances ». Le nombre de journalistes présents habituellement à ses conférences de presse a augmenté et « beaucoup plus de gens savent maintenant qu'il y a une importante réunion à Dubrovnik (Croatie) en novembre pour décider des quotas de pêche » a déclaré Stéphan Beaucher, responsable de la campagne Océans de Greenpeace. Peut-être mais je ne suis pas si sûre que cela aura un effet concret. Quant à l’appel du Fonds mondial pour la nature (WWF), de Greenpeace et de la Fondation Nicolas Hulot pour la tenue d'une table ronde sur le thon rouge avec le ministre de la Pêche, je doute qu’il soit d’une part entendu et d’autre part qu’il débouche sur du positif pour les thons rouges. Priorité à l’économie et au court terme.
15:15 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : greenpeace, marseille, pêcheurs de thons, thons rouges





Commentaires
oui trés court terme, hélas
Ecrit par : pierrot le zygo | 25 août 2006
apres les thons ils vont pecher quels poissons? A moins qu'il ne nous reste que les algues
Ecrit par : mikaelig | 25 août 2006
C'est désolant et même plus !
Je me me permets de reproduire une note de Geneviève Tapié récemment investie par le PS comme candidate officielle à la députation 2007.
Autant de méconnaissance sur ce sujet si grave qui est la raréfaction avérée du thon rouge en Méditérannée nous laisse augurer du pire si cette personne devait être élue à Sête. Pour la seule fois, où elle s'aventure sur un autre sujet que la parité en politique, je suis frappée par tant d'incompétence.
Je serais journaliste Esprit libre de Midi-Libre, je n'aurais de cesse que de vouloir obtenir des précisions de la part de cette future députée sur son billet du jour pour le moins confus et qui mélange tout (conchyliculture, pêche au thon rouge, farines à poisson, engraissage des thons mis en cage, etc.)
Le billet en question:
01 septembre 2006
Les thons de La Rochelle
Selon Mr Heral, directeur de l’IFREMER, invité de la table ronde « La mer et l’économie maritime » à l’Université d’été du Parti socialiste à la Rochelle (25/27 août), il répondait à une question de Isabelle Thomas, Secrétaire nationale, « la production de thon rouge dans la méditerranée est de 25 000 tonnes/an, le quota de pêche de 35 000 tonnes/an, la pêche industrielle de 43 000 tonnes/an plus 25 000 tonnes pour faire des farines d’engraissement pour l’élevage des poissons en cage. Il y a donc surexploitation mais pas de risque de disparition de l’espèce. De plus, les plus grosses pêches sont faites par les Espagnols, les Italiens, les Français étant loin derrière
Cela ne me conforte dans l’idée que l’avenir de la pêche et de la conchyliculture réside dans une concertation entre IFREMER et les professionnels, et que la recherche de labels de qualités, mieux rémunérés est certainement préférable à une pêche industrielle plus destructrice.
Ce qui revient à dire ce qu’affirmait Mr Raphaël Scannapiecco, senneur sétois, « Je voudrais pêcher moins et vendre mieux » (Midi- Libre du 20 juillet 2006) et que je commentais le même jour dans mon billet « Le dernier des thons ».
http://placeauxfemmes.midiblogs.com/archive/2006/09/01/les-thons-de-la-rochelle.html
Terre!
Ecrit par : Terre! | 01 septembre 2006
Thon rouge : raréfaction incontestée mais pas disparition sauf si...
Pas inintéressant ton sujet et surtout passionnant. C'est vrai que dans le commentaire de Terre, je n'ai pas les mêmes données présentées par Madame Tapié de la part d'Ifremer. Mais peu-être ai-je mal lu sa note ou que je ne l'ai pas comprise.
Ton article et les commentaires joints, si ils pouvaient un jour proche à venir au plus vite (URGENCE !) ouvrir enfin les yeux clos sur eux-mêmes de nos élus ou futurs élus, nous ferions un premier pas de petit poucet... Mais autant pisser dans un vase ou plutôt dans la Mer dévastée. Trop d'ambition égoïste et dévorante.
Lionel.
Ecrit par : Lionel | 01 septembre 2006
Ce type mourad kahoul ( par ailleurs élu ump ) est une racaille homophobe qui traite les membres de greenpeace de bande de "pédés "; que dirait-il si les membres de greenpeace le traitaient de "bougnoule" ?
Le racisme c'est interdit , l'homophobie c'est permis ?
A l'ump l'homophobie est génétique et maladive .
Ecrit par : Têtuniçois | 17 août 2008
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