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22 août 2006
L’automne est en avance

La semaine dernière, je suis allée me promener dans les Hauts-Cantons, entre Bédarieux et La Salvetat sur Agout. J’ai été surprise de voir les flancs des montagnes se parer si tôt de teintes automnales. Le soleil ayant décidé ce jour-là de ne guère montrer le bout de ses rayons, on se serait cru fin septembre, une ambiance qui était cependant loin de me déplaire. Evidemment, aussitôt rentrée, j’ai recherché quelques explications au phénomène. Selon toute vraisemblance, les responsables sont la sécheresse et la canicule.

En cas de canicule, si les mécanismes de protection contre la sécheresse sont déjà mis en place, le refroidissement du feuillage n’est alors plus assuré puisque la transpiration est réduite voire pour certaines espèces arrêtée. La température monte, des dégradations des pigments et du fonctionnement physiologiques des feuilles apparaissent, conduisant à des jaunissements, des rougissement ou des brunissements précoces. Les effets de la sécheresse et de la canicule sont augmenté chez certains arbres en cas de maladies vasculaires d'origine cryptogamique, l’obstruction des vaisseaux entraîne une mauvaise circulation de la sève.
Dans l’Hérault, la sécheresse est bien avérée depuis le printemps, avec des disparités selon les endroits : l'ouest a reçu plus de 75 % du niveau normal de précipitations au mois de juillet tandis que la région de Montpellier n’en a reçu que le dixième. Même après les pluies du 15 août, la préfecture de l’Hérault a indiqué que la situation demeurait très tendue et que la sécheresse était confirmée avec des nouvelles restrictions d’eau annoncées. Quant à la canicule, je m’en souviens très bien. Les relevés précis de température sont tout aussi parlants. D’après Météo France, « juillet 2006 a été très chaud en Languedoc-Roussillon. Le nombre de jours avec des températures maximales dépassant les 35° fut record à Carcassonne et à Nîmes. C'est sur les températures minimales que le phénomène de canicule a été le plus marqué ces dernières. Le nombre de jours avec des températures minimales supérieures à 20 ° a atteint des sommets pour un mois de juillet : 26 jours à Montpellier et autant à Perpignan, où il faut remonter à 1950 pour voir des minimales aussi fréquentes. Si l'on considère la moyenne des températures, minimales et maximales, ce mois de juillet a aussi battu tous les records. Ainsi, la moyenne des maximales enregistrées à Montpellier s’établi à 32,1°. Pour voir un mois aussi chaud, il faut remonter à 1952 (31,5°). Par exemple, le 12 juillet, il a fait 39,6 ° à Saint-André de Sangonis. Pas étonnant dans ces conditions, que certains arbres aient eu du mal à résister.

16:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : automne, sécheresse, Hérault





Commentaires
Effectivement, on se croirait presque en automne par endroit. Feuilles qui volent, feuilles jaunes. Sans parler des arbres et buissons complètement secs et brûlés. Les bords de routes se font tristes et le paysage s'habille de touches noires.
Qu'il est alors agréable d'apercevoir les pousses de sapins vert clair, couleur officielle du printemps. Au milieu du thym mordoré cela intrigue mais ca fait du bien.
De la pluie pour nos garrigues, vite un peu de pluie.
Ecrit par : brume | 23 août 2006
J'ai constaté des phénomènes de ce genre dans le Marais Poitevin en 2003-4-5, très sèches.
En fait il court un grand danger sur nos écosystèmes et nos paysages, dangers qui auront des impacts forts sur nos activités et sur l'économie...
Voir à ce sujet : "Les espèces changent de pré carré" http://www.larecherche.fr/data/399/039904801.html
Quelles espèces migreront ?
Quelles espèces disparaitront ?
Ecrit par : jcm | 24 août 2006
ayany fait dernièrement quelques balades dans le Caroux et l'Espinousse j'ai fait le même constat y compris pour les fougères qui sont déjà quasiment fanées dans les endroits les plus ensoleillées
Ecrit par : ulysse | 24 août 2006
eh oui manque d'eau que vont ils mettre dans le pastis
Ecrit par : mikaelig | 24 août 2006
Le climat est chimiquement modifié depuis une vingtaine d'années dans le sud de la France et dans un pays comme l'Espagne par l'épandage d'iodure d'argent pour parer à la grêle. Si la grêle n'est pas plus arrêté par ce procédé que par la danse du ventre, en revanche le processus de formation des cumulus est parfaitement interrompu, il ne pleut plus pendant les mois d'été où ce dispositif est activé. Toutes ces explications, on les trouve sur des tas de sites français, espagnols et canadiens (en anglais). En Espagne, la lutte contre la diffusion de ce qui est par ailleurs un métal lourd a commencé (dans la région de Soria des drones de surveillance contre les avions privés épandeurs d'iodure viennent d'être lancés. Les pouvoirs publics font semblant de ne rien voir, en dépit d'interventions à la commission européenne ou au parlement (les études sont toujours en attente depuis des années) - voir ce site http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/fr/oj/2002/ce160/ce16020020704fr00550056.pdf
Ce dispositif continue à s'étendre, les lobbies d'agriculteurs sont là pour le défendre, la passivité et le cynisme des pouvoirs publics est là pour instaurer la loi du silence.
Ecrit par : auréliedupuy | 27 août 2006
On trouve dans le « Journal des Communautés européennes »
Journal officiel des Communautés européennes ceci concernant l'épandage d'iodure. La question est posée, voyez le site pour la réponse ubuesque.
C 160 E, 45e année, 4 juillet 2002
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/fr/oj/2002/ce160/ce16020020704fr00550056.pdf
(2002/C 160 E/062) QUESTION ÉCRITE E-3020/01 posée par María Sornosa Martínez (PSE) à la Commission (29 octobre 2001)
Objet: Nécessité d’interdire l’iodure d’argent pour lutter contre la grêle
La pratique consistant à pulvériser des vapeurs d’iodure d’argent pour éviter les orages de grêle (en disséminant le produit à bord de petits avions ou en lançant des fusées dans l’athmosphère) s’est révélée, en Espagne, fortement préjudiciable à l’environnement et a provoqué notamment des dégâts importants dans les régions de León, de Soria et de Valence ainsi que dans d’autres provinces et régions espagnoles. Cette pratique est toutefois subventionnée par le ministère de l’agriculture.
Dans sa réponse aux questions E-3764/00 et E-4006/00 (1) concernant l’utilisation d’iodure d’argent contre la grêle, la Commission déclarait ce qui suit:
? l’iodure d’argent ne figure pas en tant que substance prioritaire sur les listes de l’Union européenne;
? cette substance, n’étant pas considérée comme un produit phytopharmaceutique, ne relève pas du champ d’application de la directive 91/414/CEE (2) (sur les pesticides);
? les autorités espagnoles n’ont pas notifié à la Commission les subventions à l’utilisation de dioxyde d’argent.
Considérant les conséquences que l’utilisation d’iodure d’argent contre la grêle occasionne en Espagne (atteinte à la santé humaine, pollution des nappes phréatiques, déficit de précipitations, répercussion sur les
récoltes, etc.) et considérant qu’actuellement la Commission procède à la révision du Livre blanc des substances chimiques, qui doit établir les bases de la future stratégie communautaire en la matière:
? La Commission a-t-elle l’intention d’inclure l’iodure d’argent sur la liste des substances prioritaires, dans la perspective d’une future législation sur les substances chimiques?
? La Commission a-t-elle procédé à l’évaluation des risques que pose l’iodure d’argent dans le cadre du règlement (CEE) 793/93 (3), ainsi que l’a proposé Mme Wallström dans les réponses aux questions E-3764/00 et E-4006/00?
? La Commission a-t-elle reçu, de la part des autorités espagnoles, la notification des subventions accordées par le ministère de l’agriculture pour l’utilisation d’iodure d’argent contre la grêle?
? La Commisssion peut-elle garantir que ces pratiques ne sont nullement subventionnées par des fonds communautaires?
(1) JO C 187 E du 3.7.2001, p. 43.
(2) JO L 230 du 19.8.1991, p. 1.
(3) JO L 84 du 5.4.1993, p. 1.
Ecrit par : antoinelibre | 27 août 2006
Belles images, Christine !
Et réflexions utiles sur la nécessité de préserver notre environnement naturel et sa biodiversité.
J'aime beaucoup le Languedoc et connaît bien la région de Montpellier, notamment vers Aniane et St Guilhem...
La 2e photo (forêt en automne) me rappelle exactement les couleurs du pays d'origine de mon père, les Vosges, où j'étais il y a 15 jours.
Le climat n'est pas le même, mais c'est aussi une terre généreuse où les coeurs sont vrais. A préserver.
Bonne continuation !
Christophe
Ecrit par : Christophe Claudel | 23 octobre 2007
Nous avons beaucoup d'éléments qui nous permettent de penser que le problème de l'ensemencement de nuages existe également en France ,mais certainement avec d'autres composés chimiques ou minérals.
Beaucoup d'info sur: wwwbelle-pluie.fr
Ecrit par : Association Belle-pluie | 19 novembre 2007
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