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20 août 2006
Comment parler du changement climatique ?

Un think-tank anglais, l’IPPR (Institute for Public Policy Research) a publié ce mois-ci une étude fondée sur l’observation de 600 articles de la presse britannique, des clips, des pubs et différents sites internet. Cette étude critique les termes utilisés par le gouvernement, les médias, et groupes de pression dans le cadre du débat sur le changement climatique. Apocalyptique, catastrophiste, les phrases extrêmes sont à bannir selon le rapport car elles donnent un sentiment d’impuissance. Si on y associe la promotion des petits gestes, ce n’est pas plus efficace. D’après les auteurs du rapport, cela parait tellement futile par rapport à l’énormité du problème que personne ne pense que ça peut être utile.

Personnellement, je n’ai jamais eu de dons particuliers pour la publicité, ni la vente, donc dans mes articles, je continuerai à donner des informations de la manière la plus rigoureuse possible en vue de susciter la réflexion. Si mes textes provoquent des changements de comportement, tant mieux. Mes convictions seront celles du moment, susceptibles d’évoluer au cours du temps, c’est cela garder l’esprit ouvert.
19:15 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : changement climatique, publicité
Commentaires
Je constate que la chaleur n'a pas altérée tes idées et que nous avons de nouveau le plaisir de lire des notes interressantes.
Ecrit par : Soezic | 20 août 2006
Merci Soezic, la fraîcheur du mois d'août a réparé les dégats de juillet sur mon cerveau !!!
Ecrit par : Christine | 20 août 2006
"...considérer que le changement climatique est un fait établi..."
Sur ce point, oui : il y a des preuves nombreuses et qui affectent tous les milieux de la planète, ou presque, de façon sensible.
"...et que les actions individuelles sont efficaces."
Là c'est de la démagogie dangereuse !
Il faut considérer l'impact cumulé des actions individuelles (j'éteins la lumière en quittant une pièce...) : cet impact est voisin de zéro, il est réellement marginal, mais le fait d'attribuer une efficacité au delà du marginal fournit un bon prétexte à chacun de ne pas en demander ni en faire plus.
Il sera facile de penser "avoir fait sa part" en utilisant des ampoules basse consommation, de se forger une "bonne conscience environnementale" pour ensuite accuser "les autres" en cas de coup dur.
Ce qui nous menace est un réchauffement global qui pourrait s'établir entre 2 et 6°C en à peine 1 siècle, en sachant que les changement climatiques majeurs observés dans le passé ont en général correspondu à une évolution de la température moyenne du globe de 5°C en 1 millénaire au moins, donc une variation moyenne de 0.5°C par siècle.
2°C en un siècle nous place donc hors de la "norme" des bouleversements climatiques déjà constatés, et nous avons d'excellentes raisons de penser qu'à la fin de ce siècle si le réchauffement n'a été "que" de 2°C il ne s'interrompra pas le 1er Janvier 2099 !
6°C dans le cours de ce siècle nous placerait très probablement dans un cycle catastrophique bien avant la fin de ce siècle : si nous na faisons rien la catastrophe nous attend de façon quasi certaine à plus ou moins brève échéance, en 2020, 2060 ou 2150...
"La catastrophe" : précisons qu'elle se manifestera de façon plus ou moins insidieuse, avec des phénomènes violents mêlés à des évolutions lentes et se traduira par une incapacité croissante de nos sociétés à faire face à des conditions nouvelles.
Faut-il passer de telles perspectives sous silence sous prétexte qu'elle donneraient un "sentiment d'impuisance" ?
Assurément non, car nous pouvons imaginer quelles seraient les conditions de "notre puissance" vis à vis de ce réchauffement, une puissance qui s'établirait en outre largement au bénéfice de tous, en jugulant l'accroissement du réchauffement tout en permettant de redynamiser nos économies.
A la clef, si nous nous mettons au travail de façon résolue et efficace, la modification de nos façons de vivre peut nous offrir bien des avantages.
Prenons l'exemple d'un poste de forte consommation d'énergies fossiles, le bâti.
La modification du bâti en France vers une plus grande indépendance énergétique, donc en faisant appel à des techniques bioclimatiques, à l'isolation, au solaire thermique... permettrait de réduire notre consomation en énergies fossiles de façon très notable, améliorerait très nettement notre balance du commerce extérieur, générerait un différentiel de dépenses (pour les ménages) qui pourrait correspondre à plusieurs points du SMIC (donc une augmentation du pouvoir d'achat) et serait l'occasion d'une très forte création d'emplois sur une longue période, car on peut estimer que ce type de "chantier" pourrait durer de 20 à 30 ans (le parc à rénover est immense).
Et ceci n'est qu'un exemple dans un seul secteur : on peut en trouver d'autres.
Parler du changement climatique, c'est aussi parler de ce que nous aurions à gagner à agir de façon forte et massives pour éviter qu'il s'accroisse.
C'est donc parler de la politique que les états - et l'état français - mettront en place pour le juguler.
Evidemment cette modification massive et rapide de l'habitat, comme toute initiative de grande ampleur dans tous les domaines concernés, ne pourra exister que si l'état décide de s'attaquer de façon très décidée et très forte à cette question, en lançant une politique de grands travaux munie de toutes les dispositions (notamment fiscales) nécessaires à son accomplissement.
Je retournerai donc la proposition : ne pas dénigrer l'initiative individuelle, en mentionner clairement les petites et dérisoires limites, mais l'utiliser pour que chacun puisse la convertir en un moyen de pression.
Que chacun d'entre nous qui tente d'économiser quelques miettes d'énergie utilise ces actions pour dire "j'ai fait ma petite part à mon échelle, mais il faut plus : poussons l'état, nos politiques, à mettre en place des politiques qui permettront réellement de sauver l'humanité, car nos petits gestes n'y suffiront pas !".
Que tous ceux qui auront mis en place une approche personnelle d'économie, en "activistes d'intérieur", du fait de leur sentiment ou de leur réflexion sur la nécessité d'agir, deviennent des activistes aux yeux de tous en tentant de promouvoir des actions de grande ampleur qui pourraient avoir des efficacités multiples.
Et que tous ceux qui pensent que le réchauffement climatique et peut présenter des dangers graves s'ingénient à trouver des stratagèmes qui nous permettraient à la fois de le combattre et de tirer des avantages de ce combat.
Une telle dynamique serait mille fois plus profitable et efficace que n'importe quelle publicité !
Ecrit par : jcm | 21 août 2006
Je suis d'accord avec votre discours mais je fais partie de la minorité informée et convaincue. L'étude portait sur la manière dont sont perçus les messages sur le réchauffement climatique sur la majorité des gens. Je peux vous dire que le sérieux de la situation n'est pas saisi aussi bien par tout le monde. Il y a ceux qui s'en foutent parce qu'ils ne seront plus là pour le voir, il y a ceux qui pensent que ce n'est pas à eux de faire quoi que ce soit. J'ai eu l'occasion autour de moi d'en juger.
"A la clef, si nous nous mettons au travail de façon résolue et efficace, la modification de nos façons de vivre peut nous offrir bien des avantages." Je souscris là encore mais l'être humain n'aime pas beaucoup changer. Combien par exemple n'ont pas le courage d'arrêter de fumer alors qu'il le faudrait pour leur santé. Alors pensez que la santé de la planète ! et même si nous les humains seront les victimes du changement climatique par modification de nos sociétés.
"Poussons l'état, nos politiques, à mettre en place des politiques qui permettront réellement de sauver l'humanité, car nos petits gestes n'y suffiront pas !" Les politiques ne veulent rien changer de peur de perdre le pouvoir, les citoyens doivent les pousser c'est vrai. Mais pour une action efficace il faut convaincre plus de citoyens de la nécessité d'agir, convaincre au delà du cercle, certes qui s'agrandit, des sympatisants écologistes.
La difficulté dans ce dossier c'est qu'il va falloir remettre en cause tout ce qui a été patiemment inculqué dans les esprits depuis plusieurs années. Alors je suis d'accord avec la fin de l'étude, les méthodes qui ont servi à intoxiquer les esprits peuvent être utiles pour la bonne cause. Le temps presse, toutes les options doivent être employées.
Ecrit par : Christine | 21 août 2006
Christine, vous dites: "les méthodes qui ont servi à intoxiquer les esprits peuvent être utiles pour la bonne cause".
Non, ça jamais. C'est impossible. Entre deux infantilisations et déculturations, aucune n'est à choisir. Les moyens justifient les fins (Camus) et vous n'aurez que des fins à la hauteur des moyens, soit : une situation encore pire qu'auparavant.
Ecrit par : auréliedupuy | 27 août 2006
je partage ton point de vue Christine,
des entreprises , la pub ont réussi à orienter & gouverner des modes vies désastreux avec la désinformation, le mensonge, le non-dit...
par immaturité, entêtement, égoïsme & soumission
mais aussi avec beaucoup de créativité
on peut tout à fait imaginer communiquer avec honêteté sur l'écologie, la santé, la non-violence, la paix...
en mettant la créativité au service d'objectifs plus nobles
merci Christine
un texte à voter:
http://www.creatifsculturels.fr/story.php?title=un-conditionnement-qui-trop-dure-1
Ecrit par : greenspot | 21 septembre 2007




