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29 juin 2006

Galapagos : conservation des espèces à tout prix

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Les îles Galapagos, archipel composé de 5 grandes îles , 14 moyennes et petites îles et 42 îlots, situées à 960 km des côtes équatoriennes. La particularité de ces îles c'est leur flore et leur faune uniques : tortues géantes, fous à pattes bleues, iguanes marins, cormorans aptères, reptiles endémiques des îles....Seulement voilà, en 30 ans, la population est passée de quelques centaines à 30.000 habitants, attirés par le tourisme et la pêche. Auxquels il faut ajouter les milliers de touristes qui débarquent chaque année pour visiter ce coin de paradis.


Au fil des siècles, les hommes ont amenés avec eux chiens, chats, ânes et porcs comme cela s'est produit dans les autres territoires colonisés, l'Australie par exemple. Mais ici, on ne l'entend pas de cette oreille, du moins les responsables du parc national et les chercheurs occidentaux. Carlos Valle, un biologiste équatorien formé à l'université américaine de Princeton et considéré comme le meilleur spécialiste des Galapagos, explique que pour conserver l'évolution naturelle de l'archipel, il faut en permanence "corriger l'influence prédatrice de l'homme". "Bien que l'évolution ait été préservée à 95% grâce à la découverte tardive de l'archipel au début du 16e siècle, le taux actuel de dégradation de l'environnement est l'un des plus élevés au monde", souligne-t-il. "Les chiens déciment les iguanes marins, poursuit-il, les chats s'attaquent aux pinsons, aux fous et aux iguanes terrestres, les porcs déterrent les nids des tortues marines, déracinent les plantes endémiques et les rats détruisent les oeufs des iguanes".
medium_tortues.jpg Pour commencer ce sont les chèvres qui se retrouvent dans la ligne de mire des fusils des gardes du parc national. Amenés par les pirates, ces herbivores sont accusés de provoquer la disparition partielle des tortues géantes qui manquent de nourriture. Environ 90% des tortues géantes ont disparu en trois décennies et leur population a été réduite à une dizaine de milliers. Les autres animaux suivront. Cette mission dispose d'un crédit de 12,5 millions de dollars de la fondation Charles Darwin, un organisme destiné à préserver l'environnement et la recherche dirigé par des scientifiques européens et américains.
La population de l'île n'est pas très ravie de cette politique. Plusieurs milliers de personnes vivent de la commercialisation de la viande de chèvre, à la saveur réputée dans tout l'Equateur. M. Luis Moreno Baragan, commerçant et importateur de viande de chèvre, explique que l'économie de l'île dépend en grande partie de ce marché lucratif et qualifie "d'hypocrisie totale la soit-disant menace écologique qui permet au parc national de faire payer aux donateurs des millions de dollars".
Cette histoire illustre bien le fait que la présence de l'homme où qu'elle soit a des répercussions sur la nature et qu'il est difficile de concilier protection des espèces et développement économique des communautés. Les compromis sont toujours nécessaires. Retrouver la nature originelle s'apparente à une mission impossible. Pour Carlos Valle, le biologiste, "le fléau principal est encore l'homme. Mais à la différence des chèvres nous ne pourrons pas les éradiquer". Il n'a pas complètement tort sur l'influence de l'homme mais comment en effet décréter que les îles Galapagos à l'avenir doivent devenir une terre vierge de toute présence humaine ? C'est peut-être souhaitable mais irréalisable.  Ici aux Galapagos, à mon avis, la volonté de "réparer" les erreurs du passé se combine à un phénomène quasi religieux non avoué. Charles Darwin y étudia longuement la diversité des espèces présentes et publia à partir de ses observations sa fameuse étude sur l'évolution et la sélection naturelle en 1859. Il y en a qui pensent que c'est un père fondateur en quelque sorte et que les Galapagos doivent être un sanctuaire à sa gloire. Parfois la science retombe dans les travers de la religion mais ne veut jamais l'avouer.

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