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19 juin 2006

Les baleines en sursis ?

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Rien n’est jamais acquis en matière de protection de la nature. Lors de la session annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) à Saint-Kitts-et-Nevis (Caraïbes) qui se déroule jusqu'au 20 juin, le Japon et ses alliés favorables à la chasse à la baleine ont remporté une première victoire en adoptant une résolution jugeant que le moratoire de 20 ans sur la chasse commerciale n'était « plus nécessaire dorénavant ».


Le texte accuse aussi les baleines de décimer les poissons et estime que les ONG actives en la matière sont une menace. Cette résolution non contraignante, qui n'entraîne pas une levée du moratoire, a recueilli 33 voix pour, 32 contre et une abstention. Pour la levée du moratoire, une décision à la majorité qualifiée de 75% des voix est requise. Les pays anti-chasse ont qualifié de "tragique" le résultat du vote qui constitue la plus sévère défaite essuyée en 20 ans de campagne. Bien entendu, le Japon jubile recueillant les fruits de plusieurs années de lobbying intensif. Comme l’Islande, le pays du soleil procède à des pêches à objectif scientifique. Mais cela ne suffit pas. Il estime que certaines espèces de baleine se sont suffisamment reconstituées pour recommencer à être chassées d'une manière raisonnable et souhaite avec ses alliés que la CBI revienne à ce qu'elle était à sa création en 1946, une organisme de régulation de la pêche.

Dans cette histoire, deux conceptions philosophiques du rapport de l’homme avec les baleines s’affrontent. A en juger par les commentaires des uns et des autres relevés dans les articles de presse, c’est évident. Le Japon soutient que la chasse et consommation de viande de baleine font partie de ses traditions culturelles et culinaires. Le ministre australien de l'Environnement Ian Campbell décrit les chasses japonaises à la baleine comme « inhumaines » et « dégoûtantes ». « C'est quelque chose d'horrible... c'est absolument effrayant, c'est mal et ça doit cesser ». Le Premier ministre néo-zélandais Helen Clark juge que les baleines ne sont « plus en sécurité » après ce vote et qu’il est « absolument insoutenable » que le texte dise que les cétacés représentent une menace pour les ressources halieutiques. Quant aux pays des Caraïbes qui se sont rangés aux côtés du Japon, de la Norvège et de l'Islande, ils accusent les pays riches occidentaux d'hypocrisie et de discrimination aux relents colonialistes. La représentante de Grenade, Clarice Charles, a ainsi évoqué le spectre de l'esclavage, expliquant qu' « autrefois, on nous disait ce que nous devions manger. On donnait aux esclaves des poissons en saumure à manger quand la mer regorgeait de poissons. Nous avons le droit d'utiliser nos ressources halieutiques pour nourrir et faire vivre notre population ». Que des arguments rationnels n’est-ce pas ?
Le seul qui me semble valoir une remarque c’est l’accusation d’hypocrisie lancée contre les anti-chasse. Les baleines sont symboliques, c’est facile de se donner bonne conscience en les protégeant. Pourtant combien d’animaux sont pourchassés et exploités pour leur viande, leur fourrure ou tout autre partie que les hommes jugent utile ? Si les écologistes et les pays militant pour la protection totale des baleines veulent avoir plus de poids à l’avenir, il leur faudra aller plus loin dans leur raisonnement philosophique et légiférer sur leur propre territoire en ce qui concerne les autres animaux moins emblématiques pour ne plus prêter le flanc aux critiques. Les Japonais ne sont pas les seuls à avoir des traditions cruelles.

Commentaires

Merci pour cet article et votre prise de position.

Bravo

Ecrit par : Eric | 26 juillet 2006

Faites part de votre mécontentement sur le site de l'office de tourisme d'islande:
http://www.icetourist.de/islande/index.php?action=showcat&id=61
Perso, plus question de mettre les pieds dans ce pays.

@+

Ecrit par : alain | 19 octobre 2006

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