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20 mai 2006

Pauvres ostréiculteurs girondins

Le préfet de la Gironde, Francis Idrac, a pris vendredi 12 mai un arrêté interdisant la pêche, le ramassage, le transport, le stockage, l'expédition et la vente des huîtres d'Arcachon en raison de la présence dans le Bassin d'une micro-algue toxique naturelle, la dinophysis. J’ai vraiment cru que je m’étais trompée de journal ou que j’avais remonté le temps. En effet, l’année dernière à la même période, les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon avaient subi également une telle interdiction et ce durant cinq semaines. Un nouveau marronnier ? Trêve de plaisanterie, le sujet est sérieux, cette décision préfectorale a des conséquences économiques désastreuses.


medium_huitres.jpgSelon le vice-président de la section régionale conchylicole, la mesure a entraîné 2 millions d'euros de pertes soit 8% du chiffre d'affaires des 370 exploitations du bassin qui emploient un millier de personnes.
La décision a été prise, selon la préfecture, « malgré la faible présence constatée de micro-algues toxiques dinophysis dans les prélèvements d'eau », en vertu du « principe de précaution et la réglementation en vigueur » et d'un « test biologique » positif. Un test que remettent en cause depuis l’année dernière, et non sans raisons les professionnels. Pour que la vente des huîtres soit à nouveau autorisée, il faut en effet que les souris, auxquelles on a injecté des mollusques évaporés mélangés avec des solvants ne meurent pas avant le délai de 24 heures. Vous connaissez mon opinion au sujet des tests sur les animaux et de leur extrapolation aux humains, je ne vais pas recommencer la polémique ici, c'est pas le sujet. Les ostréiculteurs réclament des test chimiques pour déceler la présence de ces micro-algues et se plaignent d'une application trop rigoureuse du principe de précaution. Ils ont peut être raison, notre société a une tendance à la peur très marquée. Mais l'ingestion de dinophysis n'est pas inoffensive. L'algue provoque des troubles gastro-intestinaux assez bénins : nausées, vomissements, diarrhées et crampes abdominales. Pas très grave mais effectivement pas terrible pour l'image de marque. Si un consommateur se retrouve malade après avoir mangé des huitres, il ne cherchera pas à comprendre et se détournera du produit qui l'a rendu malade.

Les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon ont organisé jeudi une opération "suicide collectif" : ils ont mangé leurs huîtres, arrosées de larges rasades de vin blanc, dans la bonne humeur et sous une pluie fine, au coeur du bassin d'Arcachon, à bord de 80 chalands attachés les uns aux autres près des célèbres cabanes tchanquées (sur pilotis) en présence de nombreux journalistes. Une jolie opération de communication. On a pas de nouvelles, on ne sait pas s'ils ont attrapé la gastro ! Il est également possible qu'ils soient immunisés contre la toxine, ayant plus d'occasions que la population moyenne d'être en sa présence. Malades ou pas, les ostréiculteurs vont devoir faire preuve de patience, l'interdiction préfectorale a été renouvelée hier.

Il reste la question des raisons de la prolifération de ces microalgues. Ces organismes croissent et se multiplient, surtout au printemps et en été, à cause de l’intensité lumineuse accrue, des taux favorables de salinité et de la quantité d’éléments nutritifs dans l’océan. Evidemment le réchauffement climatique n'arrange rien. Mais leur biologie reste encore insuffisamment connue par les scientifiques. L'Ifremer avoue son impuissance à contrer la prolifération annuelle du dinophysis. Les tests de surveillance s'avèrent donc indispensables pour que les populations puissent consommer des fruits de mer toute l'année.
En réflechissant une minute, le problème vient peut être de là. Je me souviens avoir entendu des mises en garde contre la consommation de mollusques et coquillages dans les mois qui ne contiennent pas de "r" dans leur nom, donc les mois d'été, donc les mois les plus chaud, donc ceux où les algues prolifèrent. Pourquoi ne pas respecter les saisons, comme pour les fruits et légumes ? C'est ça ou accepter les interdictions temporaires en attendant les avancées de la science.

Commentaires

Le pricipe de précaution est un principe difficile à manier mais on peut comprendre les autorités politiques face à la médiatisation à outrance des "dysfonctionnements divers de la société " et la judiciarisation qui s'ensuit , les gens n'héstant plus à poursuivre un maire pour s'étre cassé la jambe en descendant un trotoir jugé trop haut....et puis depuis l'affaire dramatique deu sang contaminé il y a une tendance voulue par la société à la surprotection

Ecrit par : ulysse | 22 mai 2006

idrac, il fait le tour de france des huitres, il finira dans le nord

Ecrit par : pierrot le zygo | 22 mai 2006

bonjour

j'ai 32 ans , je suis demandeur d'emploi et je cherche un emploi dans l'ostreiculture

pouvez-vous me dire sur quel site internet dois-je allée pour avoir la liste des ostreiculteurs par département ou par ordre alphabétique ?

je vous remercie

Ecrit par : nime | 23 octobre 2007

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