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19 janvier 2006

OGM : à quand la transparence ?

Le « projet de loi relatif à l'utilisation à des fins de recherche, de production industrielle ou de mise sur le marché des organismes génétiquement modifiés », transposition de la directive européenne 2001-18 relative aux OGM, sera présenté en Conseil des ministres le 8 février. Il est temps, cela aurait du être fait en octobre 2002 ce qui a valu d’ailleurs à notre pays une condamnation par la Cour européenne de justice en juillet 2004. Le ministère de la Recherche semble avoir été obligé de divulguer cette date après que le texte ait été rendu public par une député PS, Geneviève Gaillard, membre de la mission d'information parlementaire sur les OGM.


medium_mais.jpgElle se l'est procuré, «par des voies détournées» selon ses propres termes et estime que ce « projet de loi pose un énorme problème en termes de constitutionnalité avec la Charte de l'environnement ». Elle lui reproche, entre autres, de « concentrer scandaleusement la responsabilité civile en cas de dommage génétique sur les seuls exploitants en épargnant et dédouanant totalement les industries agro-alimentaires de leurs responsabilités ».

Toute la presse, ce matin revient sur ce sujet et ne manque pas de recueillir les réactions des associations de défense de l’environnement qui sont très remontées contre le texte. « C'est bien le droit à la prolifération incontrôlée des OGM qui est consacré par un texte anticonstitutionnel, contraire aux engagements européens de la France et qui garantit l'impunité des producteurs d'OGM en cas de pollution génétique », estime Lylian Le Goff, responsable de la mission OGM à la fédération France Nature environnement (FNE). Le ministère de la Recherche se défend, rappelle que ce n'est qu'un projet de loi qui peut être encore modifié et assure que les directives européennes seront rigoureusement transposées. Il fait remarquer que le texte va au-delà avec la création du Conseil des biotechnologies et du fonds
d'indemnisation, qui n'existe dans aucun autre pays européen. Jolie façon de détourner l'attention.

Je ne vais pas ici polémiquer sur les bienfaits ou les dangers des OGM mais sur les méthodes employées. C’est cette culture du secret et la main mise de l’administration, qui se croit la seule habilitée à décider ce qui est bon pour les citoyens sans organiser le moindre débat contradictoire, qui me gène. Ce genre de méthodes donne raison aux partisans de la théorie du complot pour qui les gouvernements cachent des choses et, alliés aux multinationales, mettent en danger les populations sciemment, le tout au nom du profit. Je ne pense pas que ce soit le cas mais le manque de transparence finit toujours par radicaliser les points de vue. Si notre pays continue sur cette lancée, les rangs des faucheurs et encore plus ceux des méfiants envers cette technologie vont grossir à vue d'oeil.

09:35 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : OGM

Commentaires

Ca me fait penser aux centrales nucléaires, qui elles aussi, depuis 40 ans, sont top secret. On nous a seriné que ce n'était pas dangereux, que c'était indispensable, on ne peut plus s'en passer. Et les déchets ? On est dans la politique du "on verra bien, la science trouvera..." En attendant, elle n'a toujours rien trouvé !

Ecrit par : grenouille de bénitier | 25 janvier 2006

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