Le partenariat Asie-Pacifique s’est réuni durant deux jours cette semaine (mercredi 11 et jeudi 12 janvier), à Sydney, en Australie, pour une conférence sur le réchauffement climatique. Lancé en juillet 2005 par Washington, ce partenariat regroupe six pays, Etats-Unis, Australie, Chine, Japon, Inde et Corée du Sud, qui, soit dit en passant, sont responsables à eux seuls de 40% des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Sa philosophie : « créer un environnement favorable pour le développement, la diffusion, le déploiement et le transfert de pratiques et de technologies propres ». En clair, pour eux la lutte contre le réchauffement climatique passe par les innovations technologiques et le transfert de ces technologies aux pays les plus pauvres.
Inutile de dire qu’avant même son ouverture, cette conférence a fait bondir les associations écologistes et beaucoup d’experts qui doute de l’efficacité de telles méthodes. Les conclusions des discussions ne vont pas les calmer. Les six pays ont réaffirmé leur volonté de lutter contre le réchauffement climatique sans toutefois sacrifier une croissance économique basée sur les énergies fossiles, pourtant à l'origine de l'émission de gaz à effet de serre. « L'idée que nous pouvons gérer le problème du changement de climat avec succès aux dépens de la croissance économique est non seulement irréaliste mais également inacceptable », a déclaré le premier ministre conservateur australien John Howard. Il faut convaincre les industriels de prendre la tête du combat contre les énergies polluantes en développant des énergies propres et ce dans tous les domaines. Quelques exemples mis en avant par l'Australie et les USA : des réacteurs nucléaires plus sécurisés, le "charbon propre", des centrales au charbon qui n'émettent pas de CO2. Il est évident que ces solutions ne présentent que des avantages pour les économies de ces pays. Pour être plus complet, il faut rajouter les énergies renouvelables, solaire et éolien, la capture et l'utilisation du méthane. Je pense que c'est une voie intéressante qu’il ne faut surtout pas négliger ou pire rejeter au nom d’une idéologie. Mais est-ce que ce sera suffisant ?
Dans son rapport, State of the World 2006, le
Worldwatch Institute, un
think-tank américain, indique que la planète de dispose pas des ressources suffisantes pour satisfaire l’appétit de croissance de la Chine, de l’Inde du Japon, de l’Europe et des Etats-Unis. Sans oublier le reste du monde qui revendique, à juste titre, une part du gâteau. Le rapport préconise à son tour la coopération technologique. Mais le rapport reconnaît tout de même à demi mot que le modèle occidental de développement, basé sur la forte consommation d’énergie fossiles, construit autour de la voiture et des produits jetables, ne peut pas s’appliquer à tous en ce début de XXIè siècle.
Alors que faisons-nous ? Nous n’avons pas le droit de priver tous ces pays d’une amélioration de leurs conditions de vie et de confort. Ce sont les modèles économiques mondiaux qu’il faut revoir de toute urgence. Lester Brown, président de l'institut de recherche américain Earth Policy Institute, propose des pistes dans son dernier livre Plan B 2 pour sauver une planète stressée et une civilisation en danger. Je vais me procurer cet ouvrage et je vous en reparlerai.
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