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11 janvier 2006
A propos de l'affaire Hwang
Suivant l'actualité scientifique à travers la lecture d'un certain nombre de revues, le nom de Hwang Woo-suk m'était plutôt familier. Ses résultats sur le clonage ont fait l'objet depuis 2004 d'annonces fracassantes très largement médiatisées. Sa chute l'a été tout autant. La commission d’enquête composée de neuf membres de l'Université nationale de Séoul, celle du chercheur, a rendu publiques ses conclusions. Le Dr Hwang « n'a en fait réalisé aucune percée dans le domaine du clonage ». Seul le clonage du lévrier afghan baptisé Snuppy, annoncé en août 1995, est réel et démontre un « niveau significatif de technologie ».
C'est l'une des plus grosses fraudes de l'histoire scientifique. Vu la nature des travaux cela ne m'étonne pas plus que cela. Les enjeux sont tellement importants. Le clonage thérapeutique est porteur d'espoir pour le traitement de maladies graves d'où l'effervescence légitime qu'il suscite. Mais ces recherches permettront aussi à l'homme d'enfin comprendre les mystères de sa reproduction et lui donneront les clés pour se modeler à sa guise. Je reste persuadée que malgré les barrières éthiques mises en place, autorisation des recherches sur les cellules souches mais interdiction du clonage reproductif, tôt ou tard, un humain cloné verra le jour. La curiosité de notre espèce est trop forte et la science-fiction nous a tellement familiarisé avec le concept que ce n'est qu'une question de temps avant de voir déambuler des clones humains.Pour en revenir à l'actualité, des cas comme l'affaire Hwang sont heureusement rares mais la fraude est vieille comme la science. Les petits arrangements avec la réalité sont assez répandus. Une étude parue dans le numéro de Nature du 9 juin 2005, Scientists behaving badly (les scientifiques se comportent mal), réalisée par Brian C. Martinson de la fondation Healthpartners Research montrait que sur les 3 247 scientifiques aux États-Unis qui ont accepté de répondre anonymement à un questionnaire sur leurs pratiques durant les trois dernières années, 0,3 % reconnaissait avoir falsifié des résultats, 10,8 % admettaient avoir caché des détails de la méthodologie ou des résultats dans leurs articles et 15,5 % avoir modifié leur protocole, méthodologie ou résultats sous la pression de leurs sources de financement…
Le système du publish or pérish (publier ou périr), la starisation des chercheurs, la pression des financeurs contribuent à créer un climat favorable à la fraude. La recherche scientifique a besoin de temps pour faire correctement son travail, les avancées n'ont pas à être spectaculaires pour être utiles. Espérons que la communauté scientifique ainsi que les médias tireront les leçons qui s'imposent de cette regrettable affaire.
15:25 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clonage, fraudes, affaire Hwang





Commentaires
Je viens de découvrir votre blog et il me semble très interessant. Je reviendrais ultérieurement pour lire plus en profondeur. En attendant, je ne sais pas si on vous l'a déjà dit mais Bienvenue chez le freemen!!
Ecrit par : claire | 12 janvier 2006
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